‹ CampanellaChapitre 16 sur 300 · Amabile, Cast., t. I, p. loO-lol · texte numérisé non relu

Amabile, Cast., t. I, p. loO-lol

f',orde-t-elle pleinement avec ses anciennes pensées de 1593-1595.

Pourtant, c'est surtout après la torture de la « veglia » que Campanella, sauvé par la simulation de folie du terrible danger qui le menaçait, ose affirmer à nouveau sans ambages la légitimité de ses conceptions religieuses, et entreprend audacieusement de persuader le Pape, les dignitaires de l'Eglise et les princes catholiques, de son éminente vocation de réformateur. La rédaction, ou tout au moins le remaniement de la Monarchia di Spagna pendant la seconde moitié de l'année 1G00\ était certes plus étroitement subordonné à son but de défense personnelle que la composition, commencée en 1G02, de l'utopie hardie intitulée La Città del Sole, et qui n'est pas autre chose que la reproduction, légèrement édulcorée, des visions d'avenir qui avaient inspiré trois ans auparavant ses prédications et toute son action politique ^. Sans doute ce n'est pas sous la même forme et dans les mêmes termes qu'en 1599 que Campanella, dans ses innombrables lettres au pape, aux cardinaux, au roi d'Espagne, à l'archiduc de Styrie, à Maximilien de Bavière, présente la mission qui lui a été confiée par Dieu : il n'est plus le législateur suprême du monde, il est seulement le prophète et le thaumaturge qui par (l'étonnants miracles et par la puissance de la raison se fait fort de ranimer les dons endormis de l'Esprit-Saint, de convertir les hérétiques et les païens à la vraie foi en leur enseignant des dogmes naturels, et de ramener finalement tous les peuples, soumis à un monarque unique, dans le giron de l'Eglise chrétienne régénérée. Il faut le reconnaîti-e pourtant : c'est non seulement sans basse flatterie, mais encore sur le ton de la confiance en soi et avec toute la superbe de l'homme supérieurement inspiré que jusqu'en 1618 Campanella, osant s'attaquer ouvertement aux abus de la religion catholique et vanter au contraire les miracles qu'il a accomplis en Calabre, supplie le Pape el les monarques de l'écouter, et de lui permettre de mener à bien la grande œuvre de réforme à laquelle If monde devra son salut. Tel est en effet le sens des paroles

1. Pour la fixation do la dato do la Monaixhia di Spaijna, voir ci-aprô.s ; Troinière Partie, Cliapilro riiiquiôme. III, on noto.

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