‹ CampanellaChapitre 162 sur 300 · Met., lib. I, cap. I, art. II, pars I, p · texte numérisé non relu

Met., lib. I, cap. I, art. II, pars I, p

Avant d'exposer la solution de Campanella, montrons nettement comment il s'est posé le problème.

Pour fonder ses inductions, l'homme aspire à découvrir entr.e les choses des similitudes essentielles. Mais justement les concepts universels formés par son esprit vital ne paraissent être que des copies confuses et effacées des plus lointaines et des plus superficielles ressemblances des objets ^ Il sait donc que la réalité profonde de toute chose est dans son irréductible individualité, mais, être individuel lui-même, il ne peut entrer en communication avec les autres êtres que par une assimilation toute partielle et extérieure. Une voie vers la vérité lui serait ouverte, s'il avait le pouvoir de s'identifier à Dieu, inventeur et artisan des choses dont il' possède en lui, étant intérieur à son œuvre, les exemplaires individuels, génériques et spécifiques ^. Mais ce serait lui conférer une vertu créatrice qu'il ne possède pas, et de plus donner à l'innéité de sa connaissance une signification que Campanella, de crainte de tomber dans un panthéisme avoué, se refuse à lui accorder, et qui d'ailleurs démontrerait l'absolue inutilité de l'expérience. Comment surmonter ces difficultés sans rétablir les formes d'Aristote, et son explication de la connaissance sensible par 1' « information » "?

Après bien des hésitations, Campanella restaure dans son système la théorie néo-platonicienne des Idées. Les analogies constatées entre les êtres, leur parenté avec notre nature, la possibilité de cette assimilation qui est la connaissance sensible, s'expliquent par les Idées, contenues dans l'entendement divin ^ Celle-ci, comme les raisons séminales des stoïciens ^ président à la génération naturelle ; comme les

\. De sensu, 1637, p. 79-80, lib. II, cap. XXII : — Met., loc. cit.

2. De sensu, 1637, lib. II, cap. XV, p. 65 ; — Met., pars ), p. 63, lib. 1, cap. VIII, art. I : Scientia ergo non est reminiscentia, nisi in anima a Deo indita... Est ergo sapientia in anima a Deo ; objecta autem sapibilia minime, nisi anima omnium rerum ideas habeat, quas neqnaquam habere puto, cum ipsa rerum non sit artifex ideator et excogitalor.

3. Met., pars III, p. 118, lib. XIII, cap. II, art. V : Ad 21 dicimus ideas necessarias esse ad notitiam rerum, si quidem res nu]Ia cognoscitur nisi per assimilationem cognoscentis ad cognitum : haec autem assirnilatio est idea et forma. — Cf. pars I, p. 100, lib. II, cap. III, art. I.

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