Ibidem, et art. II, p
4. Met., lib. VI, cap. I, art. I, pars II, p. 2 ; — cf. pars II, p. 13, cap. III, art. III.
l'infinité divine 301
tion. En Dieu donc doit cesser l'opposition entre le non-être et l'être, les déterminations finies et l'infinité. Dieu contient en lui toutes les essences et toutes les existences particulières, mais sans se confondre avec aucune d'elles. Celles-ci ne sont même pas des parties de sa propre essence, puisque l'infini ne peut se composer de parties. Ainsi, pour comprendre les rapports de Dieu avec les choses qu'il est éminemment par l'amplitude de sa nature, il est nécessaire de se servir du symbole de l'espace, qui de ce point de vue est l'être le plus semblable à la divinité. De même que l'espace est un, illimité, étranger en soi à toute distinction, bien qu'il soit lui-même le fondement de la distinction des formes, de même la multiplicité des essences et des existences que Dieu contient en lui, et dont il est la cause éminente, ne fait obstacle ni à son unité, ni à son immensité et à son infinité indéterminée. Il est dans les choses en effet comme l'espace est dans les corps distincts, c'est-à-dire que « les choses sont en lui, surtout le lien qui est plus semblable à lui » ^ Et « il n'est pas dans les choses autrement qu'à titre d'agent ; il est séparé d'elles non localement, mais par sa nature ; par sa nature même il n'en est séparé qu'autant que les choses participent du nonêtre ; en tant que les choses sont au contraire, la nature de Dieu est toutes les natures, comme il a été dit, d'une manière éminente » '^.
C'est de la même manière qu'il faut interpréter l'ubiquité de Dieu. « Dieu est dit exister partout non pas parce qu'il remplit le lieu d'une manière corporelle, mais parce qu'il donne l'être au lieu, et fonde la possibilité du lieu parce qu'il existe avant le lieu : le lieu en effet est en lui comme les autres choses y sont, c'est-à-dire par un mode d'existence bien supérieur au mode de l'existenre locale » ^ Un rapport de même nature existe entre la connaissance et les choses connues : notre esprit est tous les objets qu'il connaît, mais il ne se confond avec aucun d'eux, encore que toutes les déter-
1. Met., lib. VIII, cap. II, art. II, pars II, p. 157 : Redeiintes erpo dicimus Deum esse im rébus, quoniam res sunt in eo, magis autern locus qui est illi similior. — Ibidem, p. Iû7.