‹ CampanellaChapitre 187 sur 300 · Op. cit., p. 53. Ergo odium est quasi umbra amoris · texte numérisé non relu

Op. cit., p. 53. Ergo odium est quasi umbra amoris

defectus), voilà donc ce qui caractérise l'ignorance et la faute. La réalité positive des actes de l'ignorant et du pécheur ne consiste qu'en une tendance générale au bien qu'ils tiennent du Créateur, mais dont ils se servent pour le mal ^ par un usage imparfait de leur liberté.

Il reste donc seulement à justifier Dieu du mal métaphysique, c'est-à-dire de ce défaut d'être qui est la raison première de la distinction des créatures finies, — source du mal physique, — aussi bien que de leur imperfection, — source du mal moral. — Or pourquoi la privation existe-t-elle ? Parce que la création du monde impliquait nécessairement ce mélange du non-être à l'être par lequel la nature diffère de son Créateur. Pourquoi en effet les êtres se distinguent-ils les uns des autres au sein de l'univers, sinon parce qu'à Dieu seul appartient le privilège de posséder en lui, grâce à sa réalité et à sa causalité éminentes, toutes les essences, exemptes des imperfections qu'elles tiennent ici-bas de leur participation au néant ^ P Reconnaissons donc qu'il ne pouvait exister deux dieux, deux infinis, deux absolues perfections ^, et inclinonsnous devant le fait de la création, et devant l'impénétrable mystère de la composition transcendentale de l'être et du nonêtre.

Aussi bien le règne du mal dans le monde est-il essentiellement provisoire : par une aspiration qui constitue l'essence et le fond intime de toute créature, même inférieure et matérielle, l'univers vise à s'en affranchir ?t à retourner à son principe qui est l'Etre, en sorte que l'optimisme absolu s'impose nécessairement à la philosophie lorsqu'elle veut tenter un effort sincère pour ramener le christianisme aux enseignements primitifs et authentiques de la raison naturelle.

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