Apologia, p
LE LIBRE EXAMEK 335
pas des enseignements précis de physique et d'astronomie. Les prédications du Christ et des apôtres avaient pour but d'indiquer aux hommes les voies qui conduisent au bonheur, à la sainteté, au salut, et non pas de les instruire des vérités d'expérience dont la découverte exige seulement un usage méthodique des sens et de la raison. Pourquoi Dieu en effet aurait -il pourvu si largement l'homme des facultés nécessaires à l'accomplissement de cette tâche de découverte, si de ces facultés il lui avait d'avance interdit ou rendu inutile l'exercice en lui communiquant directement, par la révélation, la connaissance de l'univers matériel, et en se servant de l'autorité de sa parole pour imposer des bornes au développement indéfini du savoir profane ? Rien n'est plus contraire à l'idée que nous devons avoir de sa sagesse et de sa bonté souveraine ^
A vrai dire. Dieu a inscrit sa pensée, pour nous la révéler, dans deux grands livres : le monde, sa statue vivante et sentante, et l'Ecriture-Sainte. Le second de ces livres nous initie aux mystères transcendants qui dépassent la capacité de comprendre dévolue à notre raison ; mais nous devons essayer de déchiffrer par nos propres forces les caractères du premier, afin de pénétrer l'essence des choses créées et de découvrir le secret des lois immanentes à leur nature. Interdire cette lecture, dans laquelle consiste la recherche scientifique, et condamner, comme contraires à la foi, des doctrines astronomiques et physiques fondées sur l'observation des phénomènes et conformes à la raison, c'est interdire le christianisme lui-même ^, et faire injure à la divinité en supposant entre les deux textes dans lesquels sa pensée s'est exprimée d'inadmissibles contradictions. Comment, I5i l'enseignement catholique est vrai, redouterait-il le témoignage de l'expérience ? Seule une doctrine mensongère, comme celle de Mahomet, peut craindre pour ses affirmations le démenti des faits et du raisonnement '. Le christianisme au contraire non
i. Op. cit., p. 21.
2. Lettre de Failla à Galilée, du 6 septembre Ifilfi, Galileo Galilei, Opère, ediz. naz., t. XII, p. 277 ; — Apologia, p. 13 et 14.