Ibidem, et De gentilismo, p
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se refusaient à admettre l'existence des antipodes, que les découvertes géographiques du XV^ et du XVP siècle ont rendue impossible à contester ^ De quelles railleries n'accablera-t-on pas les représentants autorisés de la foi chrétienne, si les hérétiques, qui les voient maintenant s'insurger et sévir contre Galilée et les nouveaux physiciens, constatent le succès des doctrines qu'ils ont imprudemment censurées et condamnées 2 ? Et comment persuader les païens de la supériorité d'une religion qui enseigne des dogmes contraires aux lois de la nature ? A vrai dire, il n'existe qu'un seul moyen de les faire rentrer les uns et les autres dans le giron de l'Eglise, à une époque où les dons de l 'Esprit-Saint sont pour ainsi dire « gelés », où sommeille l'inspiration qui fait les prophètes et les thaumaturges, et où l'on exige sottement et arbitrairement de croire ou d'aller en prison ^ : c'est d'enseigner à tous les peuples de la terre un christianisme rationnel qui, par son harmonie avec toutes les tendances de la nature humaine et avec toutes les vérités de la philosophie, possédera une puissance jusqu'alors inconnue de persuasion et d'expansion.
Au reste le gain réalisé ainsi par la science ne sera pas moins considérable. La condition essentielle de ses progrès, c'est en effet la pleine liberté de recherche et de spéculation. L'intolérance au contraire lui est fatale, parce que toute contrainte imposée aux esprits a pour conséquences désastreuses la torpeur et l'hébétude de l'intelligence, dont elle condamne les facultés inventives à un engourdissement progressif *. Pour