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cause plus profonde. Cette cause, nous la trouvons dans le caractère théocratique de la politique préconisée par l'auteur de la Cité du Soleil. Pour lui, le principe du gouvernement, et le fondement du lien sociai, c'est la religion. Seule la religion est capable de maintenir les sujets, unis par des croyances communes, sous le spectre de leur monarque ^ Elle préside à la fondation des Etats, dont la puissance s'accroît, si elle s'enrichit seulement de nouveaux rites ^, et s'écroule au contraire si le souverain essaye de la modifier dans ses dogmes essentiels, contrairement au sentiment populaire ^ Toute hérésie est donc une cause de dissidence politique et de désagrégation sociale. Par suite, c'est dans l'intérêt même du groupement humain que la religion doit être défendue, par l'usage de l'autorité, contre les dangers dont la menacent la création et la propagation de doctrines morales et théologiques nouvelles. Quoi d'étonnant dès lors à ce que Campanella maintienne contre celles-ci les interdictions qu'il propose de lever quand il s'agit d'opinions de physique et d'astronomie ? Une fois supprimées dans le monde les diversités de sectes, principes de désordres, de division et d'anarchie, par le retour de tous les peuples à la religion naturelle de l'âge d'or, n'a-t-on pas le devoir de les empêcher de renaître * en maintenant au besoin par la force l'intégrité du dogme, enfin ramené à un contenu rationnel, purgé des erreurs et affranchi des superfluités qu'y introduisaient les superstitions de la (( religion surajoutée » ?
L'idée que Campanella dissimule derrière l'afTirmation d'un catholicisme intransigeant, c'est donc, abstraction faite des violences de langage destinées à flatter les sentiments des champions de la Contre-Réforme, une idée non pas feinte, mais étroitement liée à toute sa philosophie sociale et reli-
1. Monarchia di Spagna, cap. V ; — De Monarchia Hispanica diseurstis, éd. de 1640, p. 41-44. —
2. Mon. di Sp., cap. X ; — De mon. hisp. dise, 1640, p. 94-95.