Amabile, Cast., t. I, p
2. 0. c, p. 377 ; — Trad. : « Ce ne fut jamais notre intention [d'interdire la doctrine de Copernic], et si cela avait dépendu de nous, ce décret n'aurait jamais été rendu ».
(janvier 1632). Irrité de retrouver dans l'ouvrage son objection relative à la puissance infinie de Dieu, mise dans la bouche de Simplicio, péripatéticien buté et borné, et qui représentait bien « la sottise, l'instabilité et l'ignorance de sa secte » ^ Urbain VIII, dont le caractère était d'une susceptibilité et d'une mobilité extrême, se décida bien vite à sévir. Campanella, voyant l'orage se préparer, se rassura d'abord en songeant que sur son conseil Galilée avait employé la forme dialoguée 2, qui lui permettait de désavouer éventuellement les opinions soutenues par l'un ou l'autre des interlocuteurs. Mais sa tranquillité fut de courte durée. Apprenant que la publication du livre était considérée par les autorités ecclésiastiques comme une infraction grave au décret de 1616, il s'efforça de démontrer autour de lui, dans le milieu de théologiens et de savants qu'il fréquentait, que l'auteur des Dialogues n'avait nullement passé outre à l'interdiction d'enseigner la doctrine de Copernic ^. Puis, informé de la décision prise par le Pape de confier l'examen du livre à une Congrégation spéciale, il se lança résolument dans la bataille aux côtés de Galilée.
Dans la vie de Campanella, aucun acte n'est plus méritoire que cette intervention. A la date où elle se produit, trois ans seulement se sont écoulés depuis sa sortie définitive des prisons du Saint-Office. Son crédit auprès du Pape est de plus en plus chancelant. Dans toutes ses entreprises : enseignement du thomisme, publication de VAtheismus triumphatus, impression du Reminiscentiir, fondation d'un collège de jeunes missionnaires, il se heurte sans pouvoir en triompher à l'hostilité du maître du Sacré-Palais, le père Niccolô Riccardi (ou père Mostro), et du Secrétaire d'Etat de Sa Sainteté : le cardinal Francesco Barberini. A s'engager dans une nouvelle lutte contre ces puissants personnages, et finalement contre le Pape lui-même, il risque de compromettre ses intérêts les plus chers, et sa liberté même, si péniblement recouvrée. Mais le sentiment de son devoir, l'amour de la vérité et de la science,
i. Ce sont les paroles de Campanella lui-même dans sa lettre à Galilée du 5 août 1632, Galileo Galilei, Opère, ediz. naz., t. XIV, p. 366 sq. —