‹ CampanellaChapitre 201 sur 300 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

la passion de la justice, l'amitié enfin, font taire dans sa conscience la voix de la prudence et de l'égoïsme.

Dès le 21 août 1632, il suggère à Galilée un moyen de défense. C'est, lui dit-il, une règle théologique, que les raisons invoquées en faveur d'un dogme ne constituent nullement une obligation de foi pour le fidèle, qui n'est tenu de donner son adhésion qu'au dogme lui-même. Ainsi le second concile de Nicée a décidé que l'on pouvait peindre les images des anges, en alléguant qu'ils étaient de nature corporelle. Le décret est valable, mais non l'argument, puisque tous les scolastiques admettent maintenant que les anges sont incorporels. Galilée peut donc soutenir justement que la doctrine du mouvement de la terre a été interdite en 1616, mais que nul n'est tenu de croire aux raisons invoquées contre cette opinion ^.

Mais Campanella ne se contente pas de donner des conseils. Il offre à son ami de lui servir de défenseur au tribunal spécial formé pour l'examen théologique des Dialogues. Le grand-duc de Toscane n'a, dit-il, qu'à demander sa désignation et celle du Père Castelli comme membres de cette Congrégation, dans laquelle on a déjà introduit des Dominicains, des Jésuites, des Théatins, et des prêtres séculiers ^. Enfin il s'efforce de plaider la cause de Galilée auprès d'un cardinal dont il ne dit pas le nom dans sa lettre, mais qui était probablement, comme le suppose Amabile, le cardinal Zacchia, le seul qui n'ait pas souscrit plus tard à la sentence prononcée contre le savant '.

Les résultats de cette courageuse intervention furent malheureusement négatifs. Mais il semble que la suggestion du philosophe, insérée dans sa lettre du 25 août, ait été suivie, puisque dès le 11 septembre 1632, l'ambassadeur de Toscane à Rome, Francesco Niccolini, communiquait à Andréa Cioli le refus essuyé par sa demande de nomination de Campanella et de l'abbé Benedetto Castelli au sein de la Congrégation spéciale pour y être chargés des fonctions de la défense*. Si l'on veut

1. Lettre à Galilée du 21 août 1632, Galileo Galilei, Opère, ediz. naz., t. XIV, p. 373.

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