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366 l'hostilité contre la réforme
lois qu'ils leur imposent, au même titre que les institutions d'origine humaine, ne tirent leur valeur que de leur intérêt pratique et de leurs avantages sociaux. La morale, même religieuse, se subordonne à des fins profanes ; on comprend dès lors que Bruno ait considéré comme le type même de l'aberration philosophique, comme la « fantaisie vaine, insensée, importune et vile d'une imagination troublée » cette doctrine de la justification par la foi et de l'inefficacité des œuvres qui consomme le divorce entre la religion et la nature, et qui préfère une « vaine, bovine et asinienne confiance « à un « utile, réel et grandiose effet » ^ — : Si à bon droit les hommes ont toujours mesuré la gravité d'une faute à l'importance du préjudice causé aux particuliers et à la société, et si l'existence d'un péché intérieur ne peut être inférée que de la constatation ou de la prévision du résultat extérieur, il est absurde d'accorder à la foi religieuse, simple disposition interne de l'âme individuelle, la primauté sur l'action morale. L'arbre doit être jugé d'après ses fruits ^. Or quels sont les fruits de la Réforme ?
Partout elle dissout l'union, supprime la concorde, soulève les fils contre leurs pères, les serviteurs contre leurs maîtres, les subordonnés contre leurs supérieurs ; elle sème des schismes entre les peuples, les nations, les amis et les frères, la discorde au sein des familles, des cités, des républiques et des royaumes. Partout où elle est entrée, avec un salut de paix, elle apportait en réalité le poignard de la division et le feu de la dispersion *. — Hypocritement, elle qui niait l'efficacité des œuvres, et qui affectait de ne se préoccuper que des choses invisibles, elle s'est emparée des temples, des chapelles, des hôpitaux, des hôtelleries, des collèges et des Universités, fondés par des hommes d'une autre religion, non pas parfaits certes, ni aussi bons qu'ils disent l'être, mais au moins amis de la science, de la moralité, et surtout soucieux d'accroître le zèle de chacun pour le bien et pour les services réciproques, et de maintenir la communauté sociale par la pratique de la
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