‹ CampanellaChapitre 207 sur 300 · c, dial. 2°, p · texte numérisé non relu

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l'hostilité contre la réforme 367

justice distributive. Et maintenant, ouvertement, elle vit de ces biens, soustraits au patrimoine héréditaire d'autrui ^ En vérité, ne serait-il pas juste d'attribuer la « couronne boréale », faite de saphir et enrichie de huit escarboucles, au héros qui par la massue et par le feu rendrait à la malheureuse Europe la paix si ardemment désirée, en la délivrant de cette hérésie multiforme qui s'est insinuée dans ses veines comme un venin fatal 2 ?

Telle est la condamnation sévère prononcée par Bruno contre les protestants lorsqu'il examine leur doctrine de la justification par la foi. Mais malgré sa croyance personnelle à l'identité de la liberté et de la nécessité, il ne se montre pas plus indulgent pour leur théorie du « serf arbitre ». Il signale comme une contradiction inexcusable, bien plus comme une coquinerie, le fait qu'ils continuent à appeler bien le bien et mal le mal après avoir cependant déclaré que, pour être agréable à Dieu, il importait non de bien faire et de s'abstenir de mal agir, mais d'espérer et de croire suivant leur catéchisme à eux. Si l'on veut maintenir ces qualifications, indispensables à la morale et par suite au gouvernement des hommes, il faut, à l'exemple de Platon et d'Aristote, poser, en même temps que la nécessité et l'immutabilité de l'Etre parfait, incapable d'agir autrement que selon son essence, la liberté morale de l'homme et son pouvoir d'élection. En Dieu sans doute liberté et nécessité sont une seule et même chose. Mais communiquée non aux esprits contemplatifs qui savent se gouverner eux-mêmes et gouverner les autres, mais aux ignorants qui ne sauraient comprendre la conciliation métaphysique des deux thèses, cette doctrine serait la source d'un absurde désespoir ou d'une folle confiance dans le destin*, et deviendrait bien

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