‹ CampanellaChapitre 208 sur 300 · c, p. 60, dial. 1», et p. 89-90, diaJ · texte numérisé non relu

c, p. 60, dial. 1», et p. 89-90, diaJ

2. 0. c, dial. 1°, p. 58-f)9. — Pour avoir la couronne, « il suffira qu'il mette fin à cette fainéante secte de pédants qui, sans faire le bien suivant la loi divine et naturelle, s'estiment et veulent être estimés des hommes religieux agréables aux dieux, et disent que faire le bien est bon, que faire le mal est mauvais, mais que c* n'est pas pour le bien que l'on fait, ou le mal que l'on ne fait pas, que l'on réussit à gagner le mérite, et l'amour des dieux, mais pour l'action d'espérer et de croire suivant leur catéchisme à eux » [Ibidem).

3. De rinfmito, Universo e Mondi, dial. 1°, ediz. Gentile, p. 294-295.

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vite l'excuse de toutes les scélératesses et l'auxiliaire de toutes les tyrannies. Telles sont en fait, suivant Bruno, les conséquences tirées de la négation du libre arbitre par les peuples qui ont malheureusement été infectés de cette idée antisociale par certains réformateurs des lois, de la foi et de la religion. — C'est par ce fatalisme mystique que le protestantisme est surtout dangereux, et c'est pourquoi le devoir est de le combattre sans merci, pour peu que l'on ait à cœur les intérêts de la communauté et le maintien du consensus social.

Les motifs de l'hostilité de Campanella contre la Réforme * sont exactement les mêmes que ceux de Bruno. Mais dans sa conscience ils correspondent à des sentiments encore plus vifs, et dans ses écrits, depuis le Discorso politico contra i Luterani e Calvinisti (1395) jusqu'aux Monarchie délie Nationi (1635), ils donnent lieu à des développements autrement considérables. La raison en est dans la mission qu'il s'attribue de ramener les hérétiques dans le giron de l'Eglise romaine, réformée de ses abus et convertie aux principes de la religion naturelle, et aussi, — il faut bien le dire, — dans la nécessité où il se trouve, pour gagner la faveur des papes, des cardinaux et des monarques catholiques, de déguiser son entreprise en feignant de l'associer à l'œuvre de la Contre -Réforme commencée depuis le concile de Trente. De 1595 à 1635, la pensée de notre philosophe sur le protestantisme ne subit du reste aucune modification importante, si on néglige du moins celles qui

I. Cette question a été étudiée d'une manière approfondie par Giovanni Sante-Felici , dans l'article cité plus haut : Le origini e le cause délia Riforma seconda Tommaso Campanella, auquel nous renverrons souvent le lecteur en même temps qu'à l'étude de Francesco Fiorentino : La Riforma religiosa giudicata dal Campanella, article de 1875 réimprimé dans les Studi e Ritratti délia Rinascenza, Bari, Laterza, 1911, p. 391-421. — Sur la polémique engagée au sujet de la Réforme entre Campanella d'une part, et d'autre part Tobias Adami et d'autres protestants allemands, voir le livre de M. J. Kvatala : Protestantische Gelehrte Polemik gegen Campanella vor seiner Haftenlassung, Jurjew^, C. Mattiesen, 1909.

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correspondent à son changement d'attitude politique vis-à-vis de l'Espagne et de la maison d'Autriche.

Suivant Gampanella, la Réforme a été une révolution politique et sociale beaucoup plus qu'un mouvement religieux. Par un singulier anachronisme, il considère la revendication de la liberté de conscience, dont l'idée n'a été vraiment admise par les protestants qu'un siècle plus tard, comme une des causes originelles de la révolte de Luther. Seulement dans cette revendication il ne voit qu'un prétexte invoqué par les réformateurs et leurs partisans afin de masquer leurs véritables desseins. La liberté de conscience n'était qu'un étendard autour duquel se ralliaient les peuples germaniques, assoiffés de liberté politique, et las de subir le double joug du Pape et de l'Empereur ^ C'était en outre, suivant Gampanella, la traduction théorique d'un violent désir de briser le frein qu'imposent aux passions certaines institutions ou pratiques religieuses du catholicisme, telles que le jeûne, la pénitence, la confession auriculaire et le célibat des prêtres ^. De toute manière, le mouvement s'explique par le caractère profondément indiscipliné des peuples germaniques, plus difficiles à gouverner que tous les autres peuples parce que leurs humeurs grossières, l'exubérance de leurs forces physiques et leur tempérament sanguin, les prédisposent à l'intempérance, au débordement licencieux des appétits, et, d'une manière générale, à un individualisme anarchique. En dernière analyse, c'est donc la constitution psycho-physiologique de l'homme du Nord qui est la cause première de la révolte : il faut remonter en effet jusqu'à cette cause pour comprendre l'esprit politique propre aux Germains qui, déjà au temps de Tacite, ne toléraient qu'un chef qui voulût bien les persuader au lieu de leur donner des ordres '.

i. Monarchia di Spagna, rap. XXVII ; — De monarchia Hispanica discursus, éd. de 1640, p. 329 : Hinc illi [Septentrionales] sub praetextu libertatis conscientiae libertatem dominandi aucupantur, quae ipsis magis placet. — Voir Sante-Felici , art. cité, p. 116-117, et Fiorentino, 0. c, p. 398.

2. Mon. di Sp., cap. XXVII; — De Mon. hisp. dise, 1040, p. 326-327,

3. Op. cit. ; p. 325-328 ; — Sante-Felici, art. cit., p. 113-114.

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Pour neutraliser ces influences funestes à l'ordre social, il fallait un pouvoir fort, et bien décidé dès le début à étouffer la rébellion naissante. Or Charles-Quint temporisa et négocia ; il ne voulait pas s'aliéner les princes allemands qui s'étaient déclarés pour Luther, parce qu'il avait besoin de leur appui pour ses guerres et pour ses entreprises politiques ; en même temps il voulait maintenir le Pape dans la crainte salutaire qu'un jour il ne se déterminât à prendre parti pour les hérétiques^; enfin, ses visées secrètes sur les Etats pontificaux, révélées plus tard par l'envahissement de l'Italie et la mise à sac de la Ville Eternelle, devaient l'empêcher aussi de trouver mauvaise la propagande de Luther contre le pouvoir temporel du Souverain Pontife. Cette attitude de l'Empereur, la parfaite union des protestants, les divisions de leurs ennemis, et la politique à courte-vue des monarques catholiques, attachés à la raison d'Etat, et au principe absurde suivant lequel on ne doit jamais jeter de l'eau sur la maison de son voisin quand elle commence à brûler', telles sont les causes des succès de la Réforme. Mouvement purement politique, c'est du point de vue politique que pour Campanella elle doit être examinée et appréciée.

Aux yeux de l'auteur de la Métaphysique, le mal dans le monde résulte du non-être, source première de la division et de l'opposition. Pour le combattre, l'homme doit renoncer absolument à l 'amour-propre et faire passer le souci de l'espèce avant celui de la collectivité. Mais ce qui est vrai de l'individu est vrai aussi des nations : la division de l'humanité en une multitude de peuples dont les intérêts et les passions sont opposés est un mal profond, qui doit disparaître par leur conversion aux dogmes de la religion de la nature et par leur réunion sous le sceptre d'un seul monarque, en possession du double pouvoir spirituel et temporel. — Or, contre la réalisation de ce rêve d'unité à la fois religieuse et politique, la Réforme a dressé le plus formidable des obsta-

t. Mon. di Sp., cap. XXVII ; — De Mon. hisp. dise, p. 330, éd. cit. ; — Le Monarchie délie Nationi, Amabile, Cast., t. II, doc. 346, p. 310, 324, 325, 329. — Voir Sante-Felici, art. cit., p. 120-122. —

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