‹ CampanellaChapitre 211 sur 300 · Fiorentino, o. c, art. cit., p. 413 et suivantes · texte numérisé non relu

Fiorentino, o. c, art. cit., p. 413 et suivantes

l'hostilité contre la réforme 373

la grâce n'ayant jamais été et ne devant jamais être refusée aux fidèles serviteurs de la loi naturelle ^ P

Ici, nous le voyons, ce n'est pas seulement le sentiment des nécessités sociales et politiques qui pousse Campanella à condamner le protestantisme ; il le réprouve au nom de la raison et de la philosophie. Mais alors ne va-t-il pas se montrer plus indulgent pour l'interprétation des sacrements et la simplification des dogmes tentées par les luthériens et les calvinistes, et qui concordent, semble-t-il, avec sa conception personnelle d'une religion rationalisée ? Il n'en est rien. D'abord, c'est à l'Eglise catholique elle-même, réformée du dedans, que Campanella, pour des motifs sociaux et politiques, propose l'adoption de ses idées religieuses personnelles, et c'est à elle qu'il confie, c'est d'elle qu'il attend, sans se laisser rebuter par aucun désaveu et par aucune persécution, la réalisation de ses grandioses projets. Ensuite, s'il répugne à admettre le contenu théorique et philosophique de certains dogmes, il est fort loin d'en contester l'efficacité pratique et morale. La croyance au purgatoire se justifierait suffisamment par la multituGe d'œuvres charitables qu'elle a inspirées aux fidèles : aumônes, fondations d'hôpitaux, de collèges, d'asiles, sans parler de la restitution des biens mal acquis. La crainte du tribunal de la pénitence a empêché bien des crimes, et Campanella, dans la Cité du Soleil, conserve la pratique catholique de la confession auriculaire. La fréquentation de la Sainte-Table resserre entre les fidèles les liens de l'affection mutuelle, comme elle avive en eux la flamme de l'amour divin. Enfin la sanctification du mariage a un caractère manifestement social : il est nécessaire qu'il soit tenu pour un sacrement pour que les hommes continuent à considérer la génération comme une fonction sacrée, et soient toujours disposés à en faire un bon usage. Or toute critique dirigée contre ces dogmes et ces institutions risquerait d'ébranler la croyance à leur bienfaisance, et par là même d'en supprimer les effets utiles 2.

De toute celte curieuse polémique dirigée contre le protes-

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