‹ CampanellaChapitre 212 sur 300 · Ath. tr., 163(). cap. XVII, p. 217 ; cap. X, p · texte numérisé non relu

Ath. tr., 163(). cap. XVII, p. 217 ; cap. X, p

2. Fiorentino, o. c, art. cit., p. 416-419 ; Ath. tr., 1G36, cap. X, p. 124 sq., cap. XI, p. 142, cap. XII, p. 111.

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lanlisme par un penseur indépendant, qui a été témoin des luttes et des guerres auxquelles il a donné lieu, de ses progrès et de sa consolidation, et qui professait une doctrine profondément pénétrée de l'esprit naturaliste de son temps, quel enseignement historique pouvons-nous tirer ? — Nous croyons que, rapprochée des critiques d'Erasme et de celles de Giordano^Bruno, elle met en pleine lumière l'opposition d'abord sourde et latente, mais bientôt muée en hostilité déclarée, que la pensée essentiellement religieuse, inspiratrice de la Réforme, rencontra chez les représentants les plus autorisés de la culture de la Renaissance ^ Ni Campanella, ni l'auteur du Spaccio de la Bestia trionfante ne pouvaient comprendre le protestantisme. Au Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob ils opposent « le Dieu des philosophes et des savants », aux intuitions d'une foi mystique les enseignements de la raison. Comment les persuader de la corruption de la créature ? Ils ne croient même plus au péché originel ^, et toute leur philosophie comme toute la civilisation de leur époque suppose une confiance invincible dans la puissance de l'esprit et la dignité de l'homme, une affirmation, presque aussi forte qu'un instinct, de la finalité universelle et de l'harmonie du monde. On leur parle des mystères de l'au-delà, de la grâce, de la vie intérieure du chrétien, et ils répondent : nature, société, politique. Ils se servent, pour mesurer la valeur des dogmes, d'un critérium tout humain et profane. Sans adhérer au machiavélisme, ou, comme il dit, à 1' « Achitofélisme », qu'il combat au contraire violemment, Campanella, s'il ne fait pas de la religion un simple instrument de domination, croit au moins que pour la ramener aux seuls enseignements de la nature, il importe d'adopter comme principe de triage et d'appréciation la règle de l'utilité et de la bienfaisance sociale. Au-dessus de cette fonction pratique qu'il lui fait remplir, il admet bien, avec Bruno, qu'elle procure une vie contemplative dont la

1. Ajontons que Lorenzo Valla, premier type accompli de l'humaniste, avait fléjà soutenu le libre arbitre de l'homme, et que Pomponace avait combattu le dogme de la prédestination dans le De fato. îibero arbitrio et de Praedestinatione libri V rBasileae, 1367, ex officina Henricpetrina).

2. Voir ci-après : Cinquième Partie, 4e chapitre, 3 : Le sentiment religietix chez Campanella.

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valeur est infiniment supérieure, mais, comme Bruno encore, il assimile cette expérience religieuse soit à la découverte du divin immanent au monde par les seules ressources de la science, soit à l'intuition directe de l'Unité ineffable, conçue à la manière des néo-platoniciens. En fin de compte, si on met à part ce mysticisme, dont le caractère païen est du reste assez marqué, on s'aperçoit que sa religion, pour avoir voulu absorber en elle et concilier avec le catholicisme la civilisation morale de la Renaissance, n'a presque plus rien gardé de l'esprit chrétien, si vivant au contraire au sein de la Réforme. — Nous allons mieux nous en rendre compte en examinant les principaux caractères de l'éthique qu'elle se proposait de s'assimiler.

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