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prévoyance, sans laquelle la vérité serait inutile et ne recevrait pas les honneurs des hommes, puis la loi, qui est l'instrument et en même temps la réalisation concrète de la sagesse'. Il blâme sévèrement le christianisme d'avoir enseigné que la nature était « une fille », la loi naturelle « une coquinerie », que la nature et la divinité ne pouvaient collaborer ensemble pour une même fin bonne, et que la justice de l'une \ n'était pas subordonnée à la justice de l'autre, toutes deux étant contraires comme les ténèbres et la lumière 2. Enfin, dans la souffrance volontairement acceptée, il ne consent à voir un bien que dans la mesure où on peut la considérer comme liée aux efforts accomplis par l'humanité pour améliorer sa condition, et pour s'affranchir de cet état d'ignorance bestiale qui était son lot aux temps lointains du prétendu âge d'or ^
Cette doctrine pourtant, animée d'un souffle puissant d'op- \ timisme et de naturalisme, Bruno ne laisse pas de la juxtaposer » à une conception néo-platonicienne de la vertu contemplative tout à fait opposée, dans son essence même, à la morale défendue dans le Spaccio. Dans le dialogue des Eroici Furori, dont la date de publication (entre 1384 et 1585) est postérieure de très peu à celle du Spaccio (1584), ce n'est pas le développement harmonieux de la personne et de la société qui est considéré comme la fin suprême de la vie morale, c'est l'absorption de l'âme, par l'extase, dans l'être divin et universel, dont elle ne constitue, avec ses sentiments et ses pensées, qu'un moment fugitif, dépourvu de valeur propre *. Le pessimisme inhé-