Ibidem. j
3. Ibidem, et p. 362 : Nec vero quod id inquirimus bonum, quod natura duce et propriis viribns consequi spiritus potest, incusandi propte-ea siinus... Utiquc, non nisi non impii modo et feri, sed penitus stupidi penitusque stolidi simus, naturae vires bonaque et naturam ipsam contemnamus pêne et aversemur.
4. Op. cit., lib. VII, cap. III, p. 277 : Liquido utique patet voluptatem conscrvationis, dolorem contra corruptionis destructionisve sensum.
funeste exercée sur notre conservation par les sentiments et les opérations de notre âme, et d'utiliser pour cette fin la mémoire des conséquences passées de nos actions et de nos affections. C'est pourquoi la moralité ne saurait consister pour l'homme dans le laisser-aller et l'abandon confiant aux impulsions du plaisir et de la passion. Elle suppose au contraire une intervention perpétuelle de la raison, qui procède à un examen et à une comparaison réfléchie de maux subis et des biens obtenus dans le passé à la suite de telles et telles actions et par l'effet de telles et telles impressions ^ Elle est donc essentiellement la sagesse, vertu universelle, indispensable à l'acquisition de toutes les autres : sapientia, virtus universalis, princeps oinnium magistraque sapientia ^. Nous la possédons lorsque nous sommes capables de mesurer avec assez de précision les affections et les opérations de notre âme, dont nous gardons le souvenir, pour pouvoir leur conférer dans le présent l'intensité appropriée à la conservation de notre être. Nous en sommes privés au contraire lorsque, pour n'avoir pas assez ou pas du tout examiné en nous-mêmes les conséquences passées de notre conduite, nous nous montrons incapables d'imposer aucune mesure à nos sentiments et à nos actions.
Télésio attribue donc à l'intelligence un rôle capital dans la formation de la moralité. C'est l'intelligence qui dispose de la volonté. Bien qu'il dépende des autres réalités naturelles dont la perception engendre immédiatement et nécessairement en lui des aversions et des désirs, l'esprit vital possède néanmoins le pouvoir d'exciter ou de réprimer ces affections, ainsi que d'accroître ou de diminuer l'intensité et l'énergie des actes qu'elles déterminent. L'éthique ne saurait donc être considérée comme une science vaine et sans profit ; c'est pour guider la volonté que sur l'étude empirique des opérations et des sentiments utiles ou nuisibles à la conservation de l'esprit vital, elle tente de fonder la distinction de la vertu et du vice, ainsi que la classification et la hiérarchie des qualités morales. Quels sont maintenant, en faisant abstraction du plaisir et de la douleur, qu'elle considère comme des cri-