‹ CampanellaChapitre 223 sur 300 · Op. cit.. lib. IX, cap. III, p · texte numérisé non relu

Op. cit.. lib. IX, cap. III, p

3. Op. cit., lib. IX, cap. III, p. 363, et cap. XXII, p. 383-384.

4. Op. cit., lib. IX, cap. III, p. 363, cap. V, p. 366-367 et cap. XXI, p. 383.

C'est de la même manière qu'apparaissent en elle l'émulation et la jalousie : l'émulation, lorsque découvrant en autrui quelque bien qu'elle ne possède pas, l'âme en conçoit de l'estime pour la personne qui en est pourvue, et se sent animée d'un vif désir de l'égaler ou de la surpasser en se procurant elle-même cet avantage ; — la jalousie, lorsque constatant chez d'autres hommes une plus grande perfection et une plus grande aptitude à la conservation personnelle, et voyant dans l'existence de cette supériorité une menace de corruption pour elle-même, elle en éprouve de la haine, soit contre ellemême si elle se sait privée par sa faute de la possession du bien envié, soit, dans le cas contraire, contre les individus responsables de cette privation ^

Identique enfin est le processus par lequel naît et se développe en nous, à la faveur de la vie sociale, le sentiment le plus noble de tous : celui de l'honneur. Nous commençons par aimer les honneurs, non pas comme des biens en soi, mais comme des signes révélateurs d'autres biens. Mais il est clair que la réputation, l'opinion d'autrui, sont pour l'âme des avantages bien inférieurs à la possession du mérite véritable et à la conscience qu'elle éprouve de sa dignité personnelle. Cette conscience, qui en nous repose sur le sentiment de la pureté et de l'excellence de notre esprit, nous inspire une légitime fierté parce qu'elle est, sous le nom d'élévation de l'âme (suhlimitas), la plus haute de toutes les vertns, la vertu totale : virtus totalis ^.

Quel est en effet pour notre âme le bien le plus précieux ? Celui-là assurément qui est la condition première de l'acquisition de tous les autres biens. C'est donc la pureté de l'esprit vital (puritas spiritus), entendue même dans le sens matériel qui convient à la nature de cette substance. Un esprit pur. réalisant en soi toutes les qualités de l'espèce à laquelle il appartient, est seul capable de régler harmonieusement les sentiments et les opérations de l'âme, et d'assurer à l'individu l'intégrité et le développement complet de ses facultés '. Il est

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