Voir ci-après : Cinquième Partie, chapitre sixième
2. De rerum natura, lib. IX, cap. II, p. 302, caj). VI, p. 3fi8.
3. Disputatiunes, Moralia, cap. II, art. I, De sanctitate, p. 13 et 14 ; — cap. I, art. II, De Beatitudine, p. 8 et 9.
i. Voir ci-après : Sixième Partie, chapitre premier, 2 et 3.
la préoccupation de l'individu. Qui ne voit pourtant qu'en communiquant un caractère religieux et un certain degré de sainteté non seulement à l'instinct de reproduction, mais à la tendance égoïste elle-même, Campanella tourne délibérément le dos aux idées les plus essentielles du christianisme ?
Dans sa morale en effet, le règne de la nature n'est plus oppose à celui de la grâce. La notion de péché et de souillure de l'âme semble perdre toute signification. A cet égard, rien de plus caractéristique que l'opinion de notre philosophe sur la morale sexuelle. Encore qu'il professe que le plaisir ne doit pas être désiré pour lui-même, mais pour- la fin en vue de laquelle la nature l'a institué, et qui est ici la génération \ il n'en afflrme pas moins la légitimité morale des satisfactions sexuelles, même lorsque l'action qui les procure ne saurait être d'une utilité quelconque pour- la conservation de l'espèce : dans la Cité du Soleil, le soin de mettre les jeunes gens, à l'âge et dans les dispositions voulues, avec des femmes enceintes, stériles, ou de mauvaises mœurs ^, est dévolu aux magistrats eux-mêmes, et bien que dans les Economiques et dans la Politique, Campanella affecte de renoncer à son idée de la communauté des femmes, il maintient la conformité à la nature de ces unions extérieures aux mariages réglementés ^. En outre il ne commet certes pas plus que Télésio l'erreur de considérer la volupté comme une fin en soi, mais d'autre part il ne voit nulle raison de condamner ou de mépriser les instincts que la nature a mis en nous. Selon lui toute passion est utile si nous en faisons bon usage. Comme moyen en vue de la conservation de notre être individuel ou de la propagation de notre espèce, le plaisir est bon par lui-même, encore qu'en le recherchant il faille toujours songer au but vers lequel il tend, et choisir de préférence celui qui contient plus de bien que de mal *. Nulle trace jusqu'ici dans toutes ces idées non seule-