‹ CampanellaChapitre 227 sur 300 · Voir ci-après : Sixième Partie, chapitre premier, 2 et · texte numérisé non relu

Voir ci-après : Sixième Partie, chapitre premier, 2 et

3. lieal. Phil, Oeconomica, cap. III, art. II, p. 483 : Haud tamen ideo damnamus quasi contra naturam sit, uxorum multitudinem, praesertim si quis in sterilis copulam impegit.

4 Phil. rat. Poetica, cap. II, art. IV, p. 104 ; ■— cap. II, art. VI : Omiiis onim passio utilis est, si bene utimur.

ment de rascétisme chrétien, mais même de ce pessimisme métaphysique que Bruno dans les Eroici Furori avait déduit de la lutte des contraires dans le monde sensible, et dont il demandait le remède à la vie contemplative, et à l'absorption de l'individualité dans l'unité incompréhensible de l'être infini ^

La sainteté dont parle Campanella ne s'obtient donc pas par le renoncement ; elle est plutôt le couronnement de la vie parfaite qui a consisté d'abord pour l'honmie dans le développement progressif et bien réglé de toutes ses facultés, et dans l'emploi de toutes les ressources de son génie à l'amélioration de sa condition matérielle, intellectuelle et sociale. On s'est déjà mis en marche vers ce degré suprême de la perfection lorsqu'on a pris conscience de la dignité de son être, et de la puissance de l'esprit humain : à côté de la sainteté, Campanella laisse subsister, en la considérant toujours comme la plus haute des vertus, la « sublimitas » ou élévation de l'âme, qu'il appelle aussi noblesse, magnanimité, générosité. L'homme qui la possède ne sépare pas la religion de la culture de toutes les sciences, de tous les arts. Il aspire inlassablement à pouvoir tout, à savoir tout, à vouloir tout, à vaincre tous les obstacles qui entravent le développement de son activité. En lisant l'éloge enthousiaste de cette vertu par lequel Campanella termine son Ethique ', on devine que le sentiment d'une opposition entre la vie profane et la vie religieuse n'a jamais eu de bien profondes racines dans sa pensée, où la préoccupation de la mort et du salut éternel a toujours été dominée par le souci du bien moral positif et des destinées temporelles de l'humanité.

En terminant, nous devons néanmoins signaler dans sa conception de la vertu une idée qui représente une atténuation notable du naturalisme de Télésio. Campanella se refuse à définir la vertu par la pureté de l'esprit : elle suppose en effet, outre d'heureuses dispositions innées, la science du bien, et

1. Sur la part du pessimisme dans la philosophie religieuse de Cam panella, voir plus loin : Cinquième Partie, chapitre sixième, i.

2. Dans les Disputationes, Moralia, cap. XII : De sublimitate, virtutum apice, et epilogus ; — voir notamment p. 66 et 67, paragraphes 4 et 5.

un choix de la volonté. Le moral se distingue du naturel par l'usage de la raison et du libre arbitre, privilège de l'homme à partir de l'âge de sept ans. A l'individu que l'impureté congénitale de son esprit rend insensible à l'attrait du bien, la soumission aux préceptes d'autrui, aux lois de l'Etat et de la religion, reste toujours possible. Aux partisans de l'immutabilité du caractère, notre philosophe oppose donc la réalité de la liberté ^ Il est vrai, nous l'avons vu, qu'il la conçoit comme identique à la spontanéité naturelle de l'être vivant et agissant.

l. Disputationes, Moralia, cap. I, art. II : De libertate hominis, et moralitate , p. 5 ; — cap. I, art. I, p. 4 ; — Quaestio tertia, p. 38 à 44, p. 49.

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