c. parte I, dial. 4°, ediz. Gontile, p
2. Ihidern, p. 353. — Voir le commentaire de Bertrando Spaventa : La dottrina délia conoscenza di Giordano Bruno, in : Saggi di critica, Napoli, Ghlo, 1867, p. 252-255
de Copernic. A la date où il écrit, les anticipations géniales de l'auteur de la Cena de le Ceneri : l'idée de la multiplicité des systèmes sidéraux, celle de l'identité de composition et de nature des" astres, dans toutes les régions du ciel, enfin l'assimilation des corps célestes aux êtres sublunaires, ont été confirmées ou rendues probables par les récentes découvertes de Galilée comme par exemple celle des satellites de Jupiter, celles des montagnes de la lune et des phases de Vénus ^ celle surtout d'une nouvelle mécanique et d'une nouvelle physique. Aussi voyons-nous Campanella, comme Bruno, prendre pour point de départ de la méditation religieuse la contemplation de l'univers illimité, et la constatation de l'incapacité des objets finis à satisfaire les aspirations inquiètes de l'esprit humain. Pour lui l'origine divine de l'âme (mens) est démontrée une fois qu'on a remarqué la puissance de l'instinct qui la soulève vers son Créateur, et qui se manifeste par le désir insatiable d'une puissance, d'une science, et d'un amour infini. Il aime à prendre comme exemple et comme symbole de cet élan le vœu d'Alexandre le Grand, dont l'appétit de gloire, insuffisamment rassasié d'exploits, souhaitait, pour les conquérir, l'existence des mondes innombrables de Démocrite '. Croit-il pourtant à cette existence ? Sans doute, mais il n'ose le dire. Le bûcher du Campo di Fiori se dresse devant lui comme une redoutable menace, et il connaît peut-être les cruelles paroles de son protecteur Gaspard Schopp, annonçant à un ami, après le supplice de Bruno, que ce dernier était parti dans les mondes imaginés par lui, pour apprendre à leurs habitants de quelle manière les Romains ont coutume de traiter les blasphémateurs et les impies '. Rendu circonspect par la prévision d'un sort semblable*, il se contente d'affîr-