‹ CampanellaChapitre 235 sur 300 · Op. cit., cap. XVIII, p · texte numérisé non relu

Op. cit., cap. XVIII, p

3. De Christiana religione, cap. IIII, p. 4 {Marsilii.Ficini Opéra, Basileae. Anno MDLXI, t. I) : Idcirco divina providentia non permittit esse aliquo in tcmpore ullani mundi regionem oranis prorsus religionis expertem, quamvis pcrmittat variis locis atque temporibus, ritus adorationis varies ob-tiervari. Forsitan vero varietas hujusmodi. ordinante Deo, decorem

quemdam parit in univcrso mirabilem Coli mavult [Rex mundi]

qunquo modo, vel inepte, modo humane, quam per superbiam nuUo modo coli.

VERS l'idée de religion NATURELLE 427

naturel que le hennissement aux chevaux, ou aux chiens l'aboiement ^

Ces idées de Marsile Ficin sont partagées par le premier Pic de la Mirandole. Tous deux ont pour but de constituer une vaste doctrine syncrétique dans laquelle viennent se fondre ensemble toutes les religions et les philosophies de l'antiquité et des temps modernes, interprétées par un platonisme ou plutôt encore un néo-platonisme chrétien. Ils appellent la culture païenne en témoignage de la vérité du christianisme. Ils croient à une révélation unique dont Dieu a favorisé aussi bien les poètes, les législateurs comme Zoroastre, Orphée, Hermès Trismégiste que les philosophes grecs comme Platon surtout, ou les prophètes d'Israël. Pic de la Mirandole essaye de retrouver cette révélation dans les livres des docteurs juifs, et place au centre même de son apologétique l'interprétation des signes mystérieux de la Kabbale '. — En même temps, quel que soit le goût que ces philosophes aient puisé dans le néo-platonisme pour la spéculation transcendante, leur ardent désir de concilier tous les dogmes et tous les systèmes dans l'unité de la religion naturelle, et d'autre part l'adoption même des idées de Plotin sur l'origine divine de l'âme, les conduisent à admettre l'immanence du divin dans la créature humaine et dans l'univers, et la réalité d'un mouvement de conversion par lequel tout être tend à retourner à son principe : l'Un éternel et absolu. Sur ce point ils préparent les voies aux enseignement.s de Giordatio Bruno et de Campanella.

Pic de la Mirandole en outre pressent déjà l'importance que présente pour l'apologétique la connaissance directe de l'âme par elle-même, premier échelon à gravir dans le mouvement d'ascension qui doit élever l'homme jusqu'à Dieu, et il se fait accuser d'hérésie parce qu'il a soutenu que cette sorte de savoir, immédiat et permanent, était le seul qui fût une connaissance en acte, distincte, et indépendante du secours des sens et de l'imagination. Comme plus tard Campanella, il l'appelle une

{. Theologia platonica de Immortalitatc animorum (Marsilii Ficini Opéra, éd. cit., t. I, p. 320) : Cultn.«!r[no iHvinus ita ferme hominibus est naturali."?, sicut cqiiis hinnitus rnnibnsvc latratus.

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