Op. cit., p
îj. Ibidem : Nomine omnibus gentibus ipsa fuit Magia in odio, atqui Mapi prius ex coolis quam .luduei ex Seripturis cognovcre Christum.
6. Op. cit., p. 30 : Nam licet in Oriente res Chrislianornni per nostrornin principuin factiones sint accisae, Jutlaci auleni pcrpauci sint iique ubivis cxulum instar agant, tamen orbis Isinaëlitaruni est in eorum
On voit par ces quelques exemples que dans l'esprit de Postel la conception d'une religion rationnelle s'accommodait fort bien d'une foule de chimères et d'extravagantes rêveries. Il ne fait en vérité aucune distinction entre la raison et l'illumination divine individuelle. Dans le passé il les voit confondues. Dans le présent elles se confondent à nouveau dans sa personne, et dans celle de cette vieille fille de Venise qu'il appelle « la mère Jeanne », et elles leur confèrent à tous deux le pouvoir prophétique qui leur permet de prédire, entre autres choses, le retour du « siècle doré » ou « l'Evangélique Règne de Jésus, Roy des Roys », la conversion de tous les peuples, réunis en une seule nation et une seule Eglise, au christianisme authentique et naturel, et le transfert du (( Siège Apostolique » auprès du tombeau d'Adam, dans cette Syrie qui est son lieu d'origine ^
Le système de religion naturelle de Ppstel s'achève ainsi en rêve millénaire. Le monde ne doit durer que 6.000 ans. Il finira lorsque, par une nouvelle et dernière Nativité (Nativitate Mediatoris ultimà), l'âme du Médiateur se sera communiquée à tous les hommes ^, convertis à la vraie loi et rassemblés en un seul troupeau sous un seul Pasteur. Les découvertes géographiques du siècle, le développement des missions chrétiennes en Asie et en Afrique, la diffusion de l'imprimerie, la multiplication des hérétiques et des faux prophètes, les signes astrologiques, tout annonce l'âge d'or qui doit précéder l'embrasement universel ^. Le devoir des princes chrétiens est d'y préparer les peuples. C'est pourquoi Postel s'adresse au roi François P' à qui les astres sont favorables, puis à Charles IX, et s'efforce de leur démontrer par des raisons historiques et ethnologiques que la monarchie universelle revient de droit au roi des Gaulois, les descendants les plus directs
locum substitutus a Divina providentia ut potius quam periret Sacrae Divinationis memoria, Ismaëlitae adulterinis doctrinis et sui authoris oibem in Syriacae doctrinae memoria continerent.