La Cena de le Ceneri, dial. 4°, ediz. Gentile, p. 86 sq
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l'explication des thèses dogmatiques qui était un des postulats de cette réconciliation. L'impression de répulsion qu'il avait gardée du protestantisme entretenait chez lui le besoin de s'unir à l'Eglise délaissée, bien qu'il pensât qu'elle eût besoin d'une réforme radicale. Cette façon de concevoir les rapports de Bruno avec le catholicisme est corroborée par les déclarations qu'il fît aux interrogatoires de l'Inquisition, et du reste son retour en Italie ne se comprend qu'à cette condition » ^
Quoi qu'il en soit de cette conjecture, il est certain que si Bruno n'a jamais commencé à mettre à exécution un semblable dessein en partant de vues systématiques analogues à celles de Campanella, c'est sans doute pour des raisons de tempérament et de caractère. Un penchant aristocratique, semblable à celui des humanistes du XYP siècle, le porte à croire que la vie parfaite et la religion vraiment conforme à la raison sont inaccessibles au vulgaire. L'adhésion aux vérités révélées, la foi, est salutaire au peuple ignorant, qu'elle maintient dans le devoir et dans l'obéissance à la loi, et la tâche du penseur libre, dans cet ordre d'idées, doit consister seulement à réformer les enseignements des Eglises pour en éliminer les dogmes contraires aux intérêts de la morale et de la vie sociale. Aux esprits contemplatifs, qui savent se gouverner eux-mêmes, et gouverner les autres, est réservée la démonstration des grandes vérités philosophiques qui forment le contenu de la religion naturelle ^.
De semblables convictions devaient manifestement détourner Bruno de la vocation de réformateur, entendue au sens plein du mot, telle que l'ont comprise Guillaume Postel et Campanella. Il reste toutefois compris dans la liste des partisans et des champions de l'idée d'une religion naturelle et philosophique : au moins dans l'esprit d'une élite il a voulu en effet substituer l'adoration de l'éternel et du divin aux dogmes et aux cultes particuliers des diverses confessions religieuses,
1. Haralrl Hoffding, Histoire de la philosophie moderne, édition citée, t. I, p. Ifî2 et 119.
2. La Cena de le Ceneri, dial. 4°, ediz. Gentile, p. 86-88. — P. 88 • Parlarc con i termini de la verità dove non bisogna, è voler che il volgo e la sriooca moltitudine, délia quale si richiede la prattica, abbia il particular intendimento ; sarebbe corne volere, che la mano abbia
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et en même temps, en adoptant les directions générales de la culture de son époque, il a songé à remplacer nombre de préceptes moraux et de dogmes théoriques du christianisme par des enseignements plus conformes à la raison et à la nature.
l'occhio, la quale non è stata fatta dalla natura per vedere, ma per oprare e consentire a la vista. — De l'Infinito, Universo e Mondi, dial. 1°, p. 295, ediz. Gentile : La fede si richiede per l'instituzione di rozzi popoli, che denno esser governati, e la demonstrazionc per gli contemplativi, che sanno governar se e altri. — Traduction : Parler avec les termes de la vérité là où cela n'est pas nécessaire, c'est vouloir que le vulgaire et la sotte multitude, de laquelle on n'exige que la pratique, ait l'intelligence proprement dite ; ce serait vouloir que la main ait l'oeil, elle qui n'a pas été faite par la nature pour voir, mais pour travailler, et pour obéir à la vue... La foi est requise pour l'éducation des peuples grossiers qui doivent être gouvernés, et la démonstration pour les contemplatifs, qui savent se gouverner eux-mêmes et gouverner les autres. — Cf. Bruno, Acrotimus, ediz." Fiorentino (Opéra latine conscripta, l, i, p. GS-66). — La Cena de le Ceneri, dial. 1°, ediz. Gentile, p. 34