‹ CampanellaChapitre 253 sur 300 · Op. cit., cap. X, p · texte numérisé non relu

Op. cit., cap. X, p

recherchent le Christ, puisqu'elles recherchent ce qui en fait ne peut être trouvé que par la seule loi du Christ, qui (comme le dit Saint-Augustin) est toujours la même depuis le commencement jusqu'à la fin du monde, exception faite pour le culte extérieur. Les vertus naturelles en effet et la grâce sanctifiante n'ont jamais manqué » ^ L'adhésion aux vérités révélées enseignées par l'Eglise est si loin d'être indispensable pour mériter le nom de chrétien qu'on peut l'attribuer à tous les hommes qui observent les préceptes de la religion naturelle, et qu'on doit le refuser au contraire à ceux qui les transgressent.

Par suite, pour découvrir la vraie loi chrétienne, il faut retrancher du dogme toutes ces lois surajoutées, toutes ces gloses, et ces commentaires qui ne sont pas inscrits dans les cœurs, mais sur le papier, et dont chacun peut interpréter à sa manière la signification, adaptée de diverses façons dans les religions positives à l'infinie variété des esprits, des sentiments, ainsi que des fins poursuivies, u La loi du Christ, parce qu'elle est elle-même la règle la plus éminente de la raison naturelle, rendue parfaite, vivifiée et élevée par son esprit, a son siège dans les âmes, et quand tous nous aurons été vraiment revivifiés suivant cette loi, nous n'aurons plus besoin de tant de lois Houvelles » ^. C'est un éloignement progressif de la raison et de l'esprit religieux qui a introduit dans le christianisme tant de lois écrites, comme le défaut d'amour mutuel a introduit les tribunaux et les prestations de serments. Le dessein de Carapanella est donc clair : il veut réformer le christianisme pour le ramener à la ]tureté de la religion naturelle, qu'il estime supérieure à toutes les lois positives. Voyons maintenant comment il justifie philosophiquement l'affirmation de cette supériorité.

L'opposition des deux sortes de savoir et des deux sortes d'amour se traduit ici par un contraste entre la religion innée et infuse (religio innata, indita), et la religion surajoutée (religio addita, superaddita). L'erreur doit donc s'introduire dans les dogmes et les préceptes des confessions positives de la

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