‹ CampanellaChapitre 258 sur 300 · Ed. Lo Roy, o. c, p · texte numérisé non relu

Ed. Lo Roy, o. c, p

dans ma famille et dans ma profession, non seulement comme individu, mais comme citoyen, non seulement lorsque j'agis en tant que membre de l'Eglise établie, mais encore lorsque je fais œuvre de savant ou de philosophe » ^

Signalons enfin une dernière analogie, que nous avons déjà eu l'occasion de préciser, mais qu'il importe de rappeler ici. C'est un fait remarquable, et en un sens tout à l'honneur de l'Eglise catholique, que la répugnance éprouvée par les modernistes à se séparer de l'association des fidèles, foyer ardent de vie religieuse, même lorsque, honnis par les théologiens officiels, condamnés par le Pape, ils ne sauraient plus rétablir que par des concessions ruineuses, ou par des prodiges de subtilité dialectique, l'accord manifestement rompu entre les idées admises et imposées comme orthodoxes et les doctrines qui sont l'objet de leurs plus intimes et plus chères convictions. Or ce trait psychologique caractéristique, nous l'avons constaté aussi chez Campanella, après l'échec de son orgueilleuse tentative de Calabre -. Si grande que soit la distance, — que certainement il sait mesurer, — entre sa religion naturelle et le catholicisme d'un Paul V, d'un Grégoire XV, d'un Urbain VIII ou d'un Père Mostro, il ne perd jamais, lui non plus, l'espoir de réformer l'Eglise du dedans, d'insérer sa philosophie dans la tradition authentique du christianisme, de modifier l'enseignement orthodoxe, et de faire participer les générations futures aux bienfaits de ce rajeunissement de la religion. Au lieu de se résigner à une rupture, il affirme l'injustice des persécutions qu'il subit, et loin de se jeter dans Les bras des protestants, il consacre à leur conversion, en dépit des interdictions que Rome lui oppose, tout le zèle et tout le talent qu'il possède. Quelle preuve psychologique plus intéressante pourrait-on donner des ressemblances qu'à trois siècles d'intervalle introduit, entre sa tentative religieuse et celles des modernistes, une intuition commune de l'inestimable bénéfice spirituel retiré par les catholiques de la conlinuilé de vie morale, et de l'éti'oile communion des es-

2. Voir plus haut : Promirro PartiV, chapifrr rinquiônio, IV : Pourquoi Campanella esl-il reste dans l'Eglise ? La iisijchologie du » moderniste ».

piits et des cœurs que, grâce à sa forte organisation et à son caractère profondément social, l'Eglise romaine a su et sait encore réaliser au sein du vaste groupement des fidèles soumis à sa loi ?

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