Amabile, Cong., t. I, p. 1.56-160, p
2. 0. c, t. III, doc. 244, p. 142 : Depositio ultima Mauritii.
3. Benedetto Croce, Le communisme de Tommaso Campanella, p. 277.
4. 0. c, p. 283. — Sur les idées économiques de Campanella, voir E. Fornari, Délie teorie economiche nelle provincie napoletane dal s. XIII al MDCCXXXIV, Milano, 1882, p. 165-191. — Dans sa Consultazione, o arbitra sopra l'aumento dell'entrate del regno di Napoli (Amabile, Cong., t. III, doc. 519, p. 591-596, et Amabile, Cast., doc. 199, p. 108-123), Campanella conseillait au vice-roi de Naples de remplacer sous certaines conditions et dans certains cas la peine de mort par la confiscation de«i biens, en laissant aux coupables le choix entre ces deux châtiments En outre, pour remédier à l'altération des monnaies, il lui proposait la mesure suivante : l'Etat paiera ses dettes en versant à ses créanciers
doute, comme le remarque M. Benedetto Croce, il a eu l'intuition de la grande place occupée par la Renaissance dans l'histoire scientifique et économique de l'humanité, puisqu'il affirme que cette histoire est plus riche pendant les cent dernières années que pendant les quatre mille qui les ont précédées. Ajoutons que les événements qu'il signale à ce sujet non seulement dans la Città del Sole, mais dans plusieurs autres écrits \ sont bien des faits économiques et qui ont trait au développement de la technique et des arts mécaniques : c'est par exemple l'invention de la boussole, l'usage de la poudre, la diffusion de l'imprimerie, la découverte du Nouveau-Monde, etc. Les Solariens, dans les arts de la guerre comme dans ceux de la paix, utilisent ces inventions et bien d'autres encore, et ils ont même découvert l'art de voler ^. Mais si ces événements intéressent Campanella, c'est surtout à titre de signes des prochains bouleversements du monde, en tant que présages avant-coureurs de l'âge d'or et pronostics favorables à l'imminente fondation d'une société chrétienne l parfaite qui englobera tous les peuples de la terre. Il les associe dans son esprit à d'autres faits moins authentiques et d'un intérêt pour nous moins universel : la grande conjonclion, les tremblements de terre, les inondations, les prodiges, etc. '. Son inspiration dominante est religieuse et eschatologique.
L'intérêt de la Cité du Soleil se trouve ainsi déplacé. Presque dépourvu de portée historique et économique, le communisme de Campanella n'en captive pas m.oins l'attention par sa signification théorique. >L Benedetto Croce le reconnaît :
1p nombre de ducats exigé, mais il exigera de ses débiteurs des sommes d'argent calculées d'après le poids du métal. Le problème de la monnaie se posait à cette époque d'une manière particulièrement grave et urgente, et il suscitait notamment les intéressantes recherches d'Antonio Serra. — Sur Antonio Serra, incarcéré à Naples sous l'inculpation d'altération des monnaies au temps (1612) où Campanella y était encore prisonnier de l'Inquisition, voir Amabile, Cong., t. III, lllustraz. V, p. 64G- M8.
i. Civitas Solis, 1623, p. 461 ; — éd. de 1637, p. 167 ; — De Gentilismo. p. 6.
2. Civ. Sol., éd. de 1623, p. 461 ; — éd. de 1637, p. 167 et 169 ; — ediz. f)'Ancona, p. 2S0.
3. Benedetto Croce, o. c, p. 283. — Cf. Civitas SoUs, textes cités.
« En résumé l'intérêt principal de la Cité du Soleil lui vient de ce qu'elle est une expression du besoin, toujours renaissant dans le cours des siècles, d'imaginer des institutions sociales complètement rationnelles » ^ C'est par là que Campanella ressemble aux utopistes modernes. Comme eux il a été révolté par le spectacle des inégalités, par l'éternel et affligcanl contraste de la pauvreté et de la richesse, de l'oisiveté et du travail. Comme eux aussi, il ne peut se résigner à voir le hasard régner en maître dans l'accomplissement des fonctions sociales les plus importantes : attribution des pouvoirs, choix des professions, répartition du travail et des biens, procréation d'enfants.
Enfin, et c'est là le point le plus important, l'esprit de la Renaissance imprime souvent à ses vues les plus générales sur la philosophie économique, morale et politique, un caractère naturaliste qui les rapproche des idées modernes. — Dans son Histoire des doctnnes économiques, M. Espinas a fait ressortir avec une grande netteté le « conflit du point de vue utilitaire et du point de vue moral » qui domine tout le développement de l'économie politique dans l'antiquité. Il a montré que de ces deux points de vue c'était le second qui avait manifestement triomphé chez Platon : de là dans sa République la condamnation de la propriété individuelle et des arts de luxe, la réduction des métiers et de l'industrie au strict nécesaire, la concession aux seuls étrangers du droit de se livrer au commerce ; de là aussi la dépréciation du travail manuel, et l'attribution d'un rang inférieur en dignité à la caste des artisans, qui correspond à la partie sensitive et grossière de l'âme : r£7;tOuij,(a^- Il semblerait donc que Campa nella, qui,, à l'exemple de tous les utopistes et notamment de Thomas Morus ^, a puisé à pleines mains dans l'ouvrage de