‹ CampanellaChapitre 266 sur 300 · Benoficlto Croce, o. c, p. 304 et · texte numérisé non relu

Benoficlto Croce, o. c, p. 304 et

2. A. Espinas, Histoii-e des doctrines économiques, Paris, A. Colin, 18ftl ; Première Partie, p. 2o-3S.

3. Campanclla reconnaît s'être inspiré de Thomas Morus : « Sed contra est auctoritas Thomae Mori martyris nuperrimi qui scripsit Renip. Eutopiae fictitiam, ut ad cjus exemplar nostras, vel mores particulares institueremus ». {Dispulationes, 1C37, De Politicis Quaestio IV, art. I, p. 101).

Plalon, devfail lui aussi condamner ou déprécier l'aclivilé proprement économique au profit de la vie contemplative et spirituelle, et considérer comme une souillure de l'âme la jouissance matérielle acquise grâce à cette activité. Or nous allons voir au contraire que sur ce point beaucoup de ses idées sont nettement opposées à celles de l'auteur de la République, et qu'elles dénotent déjà un progrès remarquable accompli dans le sens de l'économie moderne. Avant de les indiquer, relevons d'abord les très importantes survivances de l'ascétisme et de la morale platonicienne et chrétienne que l'on observe encore dans l'utopie de Campanella.

Le^comnaimisme des Solariens estjm coffm^jagaejidigie^ Par maint détail, leur vie ressemble à celle des moines : ils vivent en commun, prennent leurs repas ensemble dans des réfectoires où l'on fait la lecture à haute voix ; ils se confessent aux magistrats qui se confessent eux-mêmes à Pon, Sin, et Mor ; ces derniers avouent leurs fautes au Métaphysicien, et ainsi la confession est pour ce dernier un moyen de gouvernement ^ — Surtout, quelque souci que l'auteur de la Città del Sole ait du bien-être matériel des hommes, la préoccupation de la vie spirituelle semble très souvent dominer en lui. « Au fond, dit M. Dejob, comme Dante, il reprochait à la distinction du mien et du tien non de faire souffrir les corps, mais de pervertir les âmes, et il r^éterait volontiers que Plutus est le plus grand ennemi ^ ». Si les Solariens ne doivent rien posséder en propre, si tous les objets dont ils ont besoin leur sont répartis par les soins des magistrats sur les biens de la communauté, si ces derniers leur interdisent l'union durable avec une femme et la fondation d'une famille, et leur attribuent tous les six mois des demeures nouvelles, si enfin l'usage de la monnaie n'est autorisé dans l'Etat qu'aux portes de la ville avec les marchands étrangers, c'est qu'il faut que le cœur des sujets de la République ne devienne pas l'esclave des biens matériels et des affections temporelles, qu'ils se servent des choses et ne les servent pas, suivant

1. f'ittà del Sole, cod. Vu»., Kvarala, Gcn., p. (H, 1. i3 sq ; — Cir. Sol., éd. de 1G37, p. 102.

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