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CHAPITRE IV

Campanel/a à Rome (1626-1634) et à Paris (16341639)

Le séjour de Campanella à Rome représente dans sa vie le moment où, se croyant bien près de réaliser son idéal de réformateur de l'Eglise et d'organisateur des missions destinées à propager partout la religion naturelle, il voit peu à peu s'écrouler tous ses espoirs, et finalement, au lieu d'enregistrer les résultats féconds de son activité antérieure, doit se consumer dans une lutte ingrate, perpétuelle et sans succès, non pas même pour faire reconnaître sa vocation et employer son zèle, mais simplement pour prouver son orthodoxie et pour défendre sa liberté de penser et d'écrire.

Pendant quelque temps cependant le philosophe, prompt à s'illusionner, dut éprouver la joie du triomphe. Il a gagné la faveur d'Urbain VIII tant par les commentaires flatteurs rédigés sur ses poésies que par l'astrologie et par les pratiques qu'il lui a apprises pour conjurer le destin astral. Et maintenant, mis en liberté, gracié définitivement, et rentré en possession de ses manuscrits du Reminiscentur et de V Atheismus triumphatus, il fait lever les censures prononcées contre ces deux ouvrages et obtient pour les imprimer toutes les approbations théologiques nécessaires ^. Bien plus, il influe maintenant sur les conseils du Pape, comme l'affirment les Avvisi di Roma qui attribuent à cette influence plusieurs mesures d'Urbain VIII, notamment le lancement de la bulle « Inscrutahilis » dirigée contre l'astrologie judiciaire, et dont le motif occasionnel avait été l'insistance des astrologues à

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