‹ CampanellaChapitre 271 sur 300 · Ch. Dejob, art. cité, p · texte numérisé non relu

Ch. Dejob, art. cité, p

3. Mon. cli Sp., cap. XXV ; cf. cap. VII ; — De Mon. Hisp. discursus. éd. cit., p. 304-317 ; cf. p. 62-64.

4. Par ce machiavélisme la politique théocratique de Campanella rappelle celle du jésuite Botéro dans sa Ragione di Stato. Nous empruntons ce rapprochement à l'article cité plus haut de Maxime Kovalewsky : Deux précurseurs, etc., p. 1:J2 et 158. — Le texte suivant, qui a échappé à l'auteur de l'article, prouve que Campanella avait lu Botéro : Apoloyia pro Galilaeo, p. 23 : « Rex Maurorum, ut Boterus narrât, scientias suis prohibiiil. » — Sur Botéro, consulter : Im vita e le opère di Giovanni Botéro, jiar Carlo Gioda, 1895. —

CONCLUSION

U INFLUENCE de CAMPANELLA et le BILAN de la PHILOSOPHIE

de la RENAISSANCE

CONCLUSION

V influence de Campanella et le bilan de la pliilosophie de la Renaissance

L'influence de la doctrine de Campanella se confond avec celle de la pensée de la Renaissance^ qui s'exprime une dernière fois dans ses livres, et il est souvent bien difficile, dans les écrits des contemporains ou des philosophes postérieurs, de distinguer la trace laissée par son enseignement des idées empruntées à Giordano Bruno, à Télésio, ou même à Pomponace. Cardan ou Vanini. — En outre, bien des causes, les unes profondes et liées au contenu même de ses théories, les autres accidentelles et en rapport avec les circonstances de sa vie, ont empêché sa philosophie d'exercer sur les esprits de son temps l'action féconde et durable à laquelle il la destinait. L'astrologie, la magie, le rêve d'un âge d'or et d'une théocratie universelle, voilà autant de conceptions qui déjà vers 1630 devaient jeter le discrédit sur la pensée philosophique de Campanella, et détourner de la lecture de ses livres sinon les

I. Il va sans dire quo nous n'avons pu ni utilisor dans nos rccherclics, ni suivre ou examiner dans notre conclusion, les idées exposées Iiar M. Roger Charbonnel dans sa thèse sur La Pensée italienne au XVI^ siècle et le Courant libertin, dont nous apprenons la publication (Paris, Edouard Champion, éditeur) au moment oii nous nous disposions à signer le bon à tirer pour le présent ouvrage.

jNous regrettons aussi de n'avoir pu lire l'étude, encore inédite, de M. E. Rodocanachi sur l'expansion du mouvement réformiste en Italie. Nous savons qu'elhî mettra en plein relief l'importance, jusqu'à jirésent insoupçonnée, qu'avait prise au XVI« siècle le déveloiipement tlu protestantisme en pays transalpin.

contemporains de sa jeunesse et de sa maturité, du moins ceux de sa vieillesse.

Un simple rapprochement de dates suffira pour en persuader. La seconde édition de l'Atheismus triumphatus, seule vraiment répandue à un grand nombre d'exemplaires, paraît en 1636, les Quaestiones physiologicae, morales, politicae, oeconomicae, ainsi que la seconde édition du De sensu rerum et magiû, en 1637. La Philosophia rationalis et la Métaphysique, le plus important des ouvrages doctrinaux de notre philosophe, sont publiés seulement en 1638, l'année qui a précédé sa mort. Or en 1637 avait paru le Discours .de la Méthode, accompagné de la Dioptrique, de la Géométrie et des Météores, et en 1638 Elzévir avait achevé d'imprimer le plus reinarquable peut-être des traités scientifiques de Galilée : Discorsi e Dimostrazioni matematiche intorno a due nuove scienze. — Ouvrons maintenant les livres de Campanella et comparons ses explications des phénomènes naturels à la science nouvelle préconisée par Descartes et par Galilée. Nous constatons alors que l'auteur de la Métaphysique, soucieux sans doute de démontrer la conformité de sa doctrine à la plus stricte orthodoxie catholique, accentuait encore le caractère médiéval de sa iihysique. Il plaçait auprès de chaque forme naturelle une âme angélique, chargée d'exercer sur ses opérations une influence directrice ^ Il admettait l'intervention perpétuelle des esprits dans la production des événements. Il se posait et il résolvait sans rire les questions les plus saugrenues, dans leur précision, sur les moyens d'action dont disposent les démons dans notre monde, par exemple pour y engendrer des enfants ^. Au temps où Galilée fondait une nouvelle mécanique, où Descartes généralisait, en l'étendant aux sciences de la nature, l'usage des méthodes mathématiques, Campanella semblait donc s'isoler entièrement du grand mouvement d'idées d'où est né le savoir positif moderne, par l'intime fusion de l'expé rience, de la mesure, et du calcul. Pour supplanter définitivement l'ancienne conception de la physique, il ne suffisait pas d'atlribuer avec lui aux mathématiques un rôle instru-

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