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DU PHILOSOPHE

Depuis les recherches historiques de Luigi Amabile, qui ont renouvelé entièrement la biographie de Campanella et jeté la plus vive lumière sur la signification de la révolte de 1599 et de l'attitude adoptée ultérieurement par le philosophe visà-vis de l'Eglise catholique, l'affirmation de sa sincérité politique et religieuse pouvait être considérée à bon droit, suivant l'expression de M. Kvacala, comme une thèse « désespérée » ^ Déjà en 1895, M. Benedetto Croce déclarait qu'(( il est maintenant démontré jusqu'à l'évidence que le but de la conjuration de Calabre pour laquelle tant d'hommes furent mis à mort et pour laquelle le moine subit 29 années de prison était précisément la réalisation des idées exposées dans la Cité du Soleil 2, » idées, ne l'oublions pas, purement

1. Kvacala, page 1 de la note présentée à 1' « Accademia Pontaniana » en 1913 par M. Benedetto Croce, au nom de l'auteur : Atti délia Accademia Pontaniana, vol. XLIII, 1913, Napoli, memoria n. 3. —

2. Benedetto Croce, Le communisme de Tommaso Campanella, Appendice I, p. 284 de : Matérialisme historique et économie inarxiste, Essais critiques, traduits par Alfred Boimct, Paris, Giard et Brierre, 1901. — L'article avait paru pour la première fois sous le titre : Intomo al communismo di Tommaso Canipanella, dans VArchivio storico per le provincie napoletane, 1895, t. XX, fasc. IV. — Abréviation usitée désormais : Benedetto Croce, Le communisme de T. C. —

païennes, et, suivant l'auteur lui-même, strictement conformes à la notion de religion non pas catholique, ni chrétienne, mais rationnelle et naturelle. Or, des recherches plus récentes de Rinieri \ de M. Giovanni Gentile, et surtout du D"" J. Kva- Cala, professeur à l'Université de Jurjew (Dorpat) ^, sont venues apporter à la thèse du plus diligent biographe de Campanella la plus précieuse des confirmations historiques. Les nouveaux documents mis au jour par l'écrivain russe l'ont conduit en effet à se ranger entièrement, sur la plupart des points essentiels, à l'opinion qu'avaient adoptée, à la suite de Luigi Amabile ^, des historiens ou des critiques comme Francesco Fiorentino*, Edmondo Solmi^, et surtout Giovanni Sante-Felici ^, qui dans un très remarquable ouvrage avait démontré la pleine concordance des conclusions tirées de l'interprétation de la doctrine avec les inductions fondées sur les événements de la vie du philosophe.

Il pourrait donc sembler inutile de tout remettre en question, si le nom de M. Dejob, restaurateur en France des études italiennes, ne risquait pas de conserver encore beaucoup de crédit à une opinion exactement contraire à celle que nous venons d'indiquer. Suivant cette opinion, exposée

1. p. Ilario Rinieri, Clémente VIII e Sinon Bassa Cicala, Roma, 1898.

2. Nous citerons surtout, en employant les abréviations : KvaCala, Gen., et Kvaèala, Ferd. : i° Veber die Genèse der Schriften Thom. Campanellas, Jurjew, Gedruckt bei C. Mattiesen, 1911 ; 2° Thomas Campanclla und Ferdinand II, pages 1-48 des Sitzungsberichte der Philosophisch-historischen Klasse der Kaiserlichen Al<ademie der Wissenschaften, Bd 159, Wien, 1908.

3. Dans tous ses ouvrages sur Campanella, et notamment dans : Del Carattere di fra Tommaso Campanella, Memoria letta ail' Accademia Pontaniana, 1890, Atti délia Accademia Pontaniana, vol. XX, Napoli, 1890 ; — reproduit dans le tome X des Œiirres complètes de Luigi Amabile.

4. F. Fiorentino, // Campanella di Luigi Amabile, Archivio storico per le provincie napoletane, 1883, a. VllI, fasc. III, p. 559-72 ; — réimprimé avec un autre article sur Campanella dans : Francesco Fiorentino, Studi c Bitratti dclla Hinascenza, Bari, Laterza. 1911, p. 377-421.

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