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6. Giovanni Sante-Felici : Le dottrine filosofico-religiose di Tommaso Campanella con particolare riguardo alla fdosofia délia Rinascenza italiana, Lanciano, R. Carabba, editore, 189.^.

68 LA VÉRITABLE PHYSIONOmE DE CAMPANELLA

dans le Bulletin italien de 1911 \ Campanella aurait été, non pas un hérétique et un révolutionnaire, n'ajoutant foi qu'aux enseignements de la raison naturelle, mais un chrétien soumis à l'Eglise et parfait<^ment orthodoxe, non pas un déiste, mais un catholique sincère et un champion ardent de la Contre-Réforme. Si l'Eglise l'a combattu et persécuté, c'est « qu'elle s'offusquait des boutades que Campanella laissait échapper ou lançait pour étonner ses auditeurs et de certaines libertés outrecuidantes qu'il était capable de prendre. » Il n'était pas en effet « un impeccable théologien », parce qu'il appartenait « à cette classe d'hommes que leurs amis ne voient jamais sans inquiétude ouvrir la bouche », mais « de cœur et dans l'ensemble c'était un chrétien soumis ^ ». M. Dejob ne veut même pas admettre, comme l'avait soutenu un historien italien, que Campanella dans sa jeunesse se soit écarté de la stricte doctrine catholique. (( Tout au plus sur une ou deux questions semi-philosophiques, semi-théologiques, qui ont souvent fait hésiter les fidèles, il a pu avoir par moments des opinions malsonnantes. M. Falletti... a dit que dans sa jeunesse Campanella s'était écarté quelquefois des doctrines orthodoxes, puis s'en est repenti. Il y a là du vrai ; seulement les écarts momentanés se réduisent, quand on y regarde de près, à bien peu de chose ^. »

Comment expliquer dans cette hypothèse la révolte de 1599 .!> Se rangeant à l'opinion de M. Pio Carlo Falletti*, que pourtant Amabile avait déjà si vigoureusement réfutée 5, M. Dejob écrit à ce sujet : « Pour moi, j'admets qu'en effet Campanella avait réuni des partisans et entendait se mettre à leur tête, mais j'avoue en toute humilité croire à l'explication qu'il en fournit à ses juges, et que M. A. d'An-

1. Ch. Dejob, Est-il vrai que Campanella fut simplement déiste ? Bulletin italien, t. XI, 1911, p. 124-140, 232-245 et 2';7-286.

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