‹ CampanellaChapitre 47 sur 300 · Ath. tr., 1630, p. 8 ; — édition de 1631, p · texte numérisé non relu

Ath. tr., 1630, p. 8 ; — édition de 1631, p

4. Vita Th. Campmjellae, autore Ern. Sal. Cypriano, sec. éd. Amstelodarai, Apud Wetstenios, 1722 ; p. 148. —

Mentionnons d'abord les moins importantes. Campanella (éd. de 1623 et 1637) ajoute les Minimes et les Capucins aux Jésuites comme exemples de moines dont les corps, sous l'influence des constellations, ont exhalé des parfums de vertu et de sainteté'. Il précise (éd. de 1623 et de 1631) le contenu de la prière adressée à Dieu par les Solariens, et qu'il présentait d'abord (manuscrit de la Vaticane) comme semblable au Pater Noster, en disant que c'est la prière même enseignée par Jésus-Christ aux chrétiens-. Il remplace la qualiflcation de pédant attribuée d'abord à Aristote (cod. Vat.) par celle de logicien, opposée du reste par lui à celle de philosophe (éd. de 1623 et 1637) ^. Il insiste davantage sur la conciliation de la liberté humaine avec ses conceptions de la magie et de l'astrologie en introduisant dans l'ouvrage imprimé (éd. de 1637) un long passage, dans lequel il spécifie contre le panthéisme le caractère universel, et non particulier, de l'action exercée par Dieu sur les choses, absolument distinctes de son essence*, ainsi qu'un autre passage dans lequel il recommande au savant d'user, mais de ne pas abuser de la connaissance des causes occultes des phénomènes naturels 5.

Bien plus remarquables sont les autres modifications du texte manuscrit parce qu'elles sont relatives à des idées fondamentales, en connexion immédiate avec le concept de religion naturelle et les dogmes les plus essentiels du christianisme révélé. Campanella avait tout d'abord (cod. Vat.) placé parmi les portraits peints sur la paroi intérieure du sixième

1. Civitas Solis, éfl. de 1623, p. 160 ; — cf. Kvacala, Gcn., p. 67, 1. i. — L'éflition de 1623 fait partie de la Realis Philosophia epilogistica, Francofurti, 1623, et l'édition de 1637 des Disputationes, Parisiis, 1637.

2. Kvat-ala, Gen., p. m. 1. 30 ; — éd. de 1623, p. 446 ; — éd. de 1637, p. 160. —

3. Kvacala, Gcn., p. 63, 1. 31 : — éd. de 1623, p. 4oo ; éd. de 1637. p. 164. —

4. Civitas Solis, éd. de 1623, p. 461 ; — éd. de 1637, p. 167 : Haec etiam mihi rcspoiulcrunt [Solarii], reruni omnium causam esse Deum universalem immédiate, non immediatione particularis causae sed univcrsalis prineipii et virtutis ; non enim Deus manducat cum Petrus niaiiducat, etc. Cf. Kvacala. Gen., p. 66, 1. 16.

y. Civitas Solis, éd. de 1637, p. 160. — Cf. Kvacala, Gen., p. 59, 1. 11 ; — et éd-. de 1623, p. 445-446.

mur de la ville Moïse, Osiris, Jupiter, Mercure, Mahomet, et beaucoup d'autres législateurs, puis « en un lieu passablement honoré », Jésus-Christ et les douze apôtres que les Solariens, écrivait-il, « avaient en grande estime ». Dans les éditions imprimées (1623 et 1637), Mahomet n'est pas supprimé de la liste, mais il est singulièrement déchu de son rang primitif, parce que les Solariens le haïssent comme un imposteur et un législateur infâme. L'image du Christ, au contraire, est mise à la place d'honneur, avec celles des douze apôtres ^ De plus {éd. de 1637) une admiration très vive est attribuée aux habitants de la cité pour les institutions chrétiennes et la vie apostolique, qu'ils désirent ardemment imiter 2.

Les remaniements introduits dans le passage relatif au dogme de la Trinité ne sont pas moins caractéristiques. Ce dogme se réduisait d'abord {Cod. Vat.) à l'affirmation des trois (( Primalités » de Dieu : la Puissance, de laquelle procède la Sagesse, la Sagesse, et l'Amour qui procède à son tour de la Puissance et de la Sagesse, et les Solariens étaient présentés comme ignorant la relation de l'essence divine d'ellemême à elle-même (di se à se), et par suite la distinction chrétienne des trois personnes ainsi que leurs noms. Maintenant (éd. de 1623 et de 1637) ils sont excusés de cette ignorance par la privation du bienfait de la croyance révélée, mais ils connaissent la procession et les trois rapports de l'être de Dieu avec lui-même'.

L'affirmation de la supériorité de la polygamie sur la mo

1. La Città del Sole, cod. Vat., Kvacala, Gen., p. 47, ligne 34 : Trovai Moisè, Osiri, Giove, Mercurio, Macometto, et altri assai, et in luogo assai honorato era Giesù Christo, e li dodeci Apostoli, che ne tengano gran conto. — Civitas Solis, éd. de 1623, p. 422 : Vidi ibi Moysem, Osirim, lovem, Mercurium, Lycurgum, Pompilium, Pythagoram, Zamolxim, Solonem, aliosque plurimos, quin et Macomettum depictuni habent : quem tamen ut fabulosum ac sordidum legislatorem oderunt. At in loco dignissimo lESU CHRISTI vidi effigiem, ac duodecim Apostolorum, quos dignissinios reputant, magniquô faciunt. — Cf. Civ. Sol., éd. de 1637, p. 148.

2. Civ. Sol., éd. de 1637 : Admirantur Christianam institutionem , et vitam Apostolicam in se et in nobis exspectant. — Cf. éd. de 1623, p. 445, et Kvacala, Gen., p. 58, 1. 44.

3. Cod. Vat., Kval-ala, Gen., p. 64, 1. 37 sqq ; — Civ. Sol., éd. de 1623, p. 458; — éd. de 1637, p. 165.

nogamie est dans les éditions imprimées (1623 et 1637) accompagnée de plus de réserves que dans le manuscrit de la Valicane. L'auteur y reconnaît en effet que cette opinion est une hérésie des Nicolaïtes. Aussi, pour justifier la communauté des femmes, sinon quant aux rapports charnels, du moins quant à l'obéissance (quoad obsequiwn non quoad thorum), invoque-t-il une autorité théologique de plus : celle de Saint- Augustin, qui vient s'ajouter à celle de Clément Romain. En outre, il prend soin de préciser que dans la cité du Soleil les mœurs sexuelles ne ressemblent pas à celles des animaux qui entrent en relations avec la première femelle venue; elles se soumettent au contraire à des lois rigoureuses établies non en vue du plaisir, mais en vue d'un intérêt supérieur qui est celui de la procréation ^ De nouveaux éclaircissements théologiques sont introduits à ce sujet en marge de la seconde édition latine (1637) et l'auteur ajoute, en manière d'excuse de l'institution, que la vertu de l'Evangile ne peut être connue toute entière par les seules voies naturelles ^.

C'est peut-être le passage relatif aux peines et aux récompenses de la vie future qui, d'une rédaction à l'autre, est modifié de la manière la plus intéressante. « Les Solariens, avait dit d'abord Campanella, tiennent l'immortalité des âmes pour une chose certaine, et ils croient qu'elles s'associent après la mort, suivant leurs mérites, à des esprits bons ou mauvais. Quant aux lieux des peines et des récompenses, ils ne possèdent pas à ce sujet la même certitude, mais ils considèrent comme raisonnable que ce soient le ciel et les lieux souterrains ». Et le philosophe avait ajouté cette phrase singulièrement compromettante : « Ils sont aussi très curieux de savoir si ces peines sont éternelles ou non » '. Ce dernier passage est complètement supprimé dans les éditions de 1623 et de 1637 où la question est exposée de la manière suivante : « Ils [les Solariens] mettent hors de doute l'immortalité des Ames, et leur association après la mort à

1. Kvaêala, Gen., p. 'oi, 1. 23-3;> ; — Civ. Solis, éd. de 1623, p. 436 ; — éd. de 1637, p. lliîj.

2. Civ. Solis, éd. de 1037, p. l'jii, en marge : Vigor evangelii non potest totus naturaliter nosci.

Page 1