Kvaf-ala, Gen., p. 04, lignes 22 à
des anges bons ou mauvais, suivant que dans les actions de la vie présente, elles se sont rendues semblables aux uns et aux autres. Toutes choses en effet rejoignent les choses qui leur sont semblables. Leur opinion sur les lieux des peines et des récompenses diffère peu de la nôtre » ^
Peut-on soutenir sérieusement que toutes ces atténuations, ces restrictions, et ces réserves, parfois si embrouillées, et compliquées de si singulières réticences, correspondent à une évolution véritable et sincère de la pensée de Campanella ? Le philosophe a changé le titre de l'ouvrage qui n'annonce plus maintenant comme dans le manuscrit de la Vaticane un plan de réforme de la République chrétienne, mais simplement {éd. de 1623 et de 1637) un « dialogue poétique » sur « l'idée de la République philosophique » 2. — II a jeté un voile sur des pensées qui pouvaient paraître trop hardies, mais il n'abandonne vraisemblablement aucune de ses opinions primitives. La preuve en est que même dans l'édition de 1637 il renvoie le lecteur à la quatrième des Quaestiones Politicae où il est démontré, dit-il que son dialogue est « le catéchisme des Gentils pour les conduire à l'organisation politique et à la foi purement catholique » ^ : c'est ainsi que dès le début de l'ouvrage il revient à son idée de la conformité des institutions « solariennes » à la véritable loi chrétienne. Et maintenant, si l'on se reporte à cette quatrième question, consacrée, comme il l'annonce, à défendre sa république idéale, « conforme à la nature et aux décrets de l'Ecriture-Sainte », on constate facilement que la conception primitive de la Città del Sole n'y est corrigée que sur un point : Campanella déclare renoncer à l'idée de la communauté des femmes. Or nous allons voir que cette modification elle-même, dont M. Dejob a fait grand état pour prouver l'orthodoxie des opinions morales de notre philosophe *, ne correspond nullement en réalité à sa pensée véritable.
Dans VAtheismus triumphatus, et dans les Œconomica, la