‹ CampanellaChapitre 49 sur 300 · Civ. Solis, éd. de 1623, p. 457 ; — éd. de 1637, p. 16S · texte numérisé non relu

Civ. Solis, éd. de 1623, p. 457 ; — éd. de 1637, p. 16S

2. Kvaî-ala, Gen., p. 45, 1. 1-5 ; Civ. Soiis, éd. de 1623, p. 417 ; — éd. de 1637, p. 145.

• 3. Civ. Solis, éd. de 1637, p. 146, en marge. 4. Dejob, art. cité, p. 137, et note 4.

communauté des femmes est abandonnée pour deux raisons : elle trouble la paix des familles et elle est contraire aux préceptes légaux et surnaturels de la morale chrétienne ^ Dans la Quatrième Question Politique c'est cette seconde raison que Campanella invoque de préférence. Seulement il insiste ici plus longuement que dans les Economiques sur la conformité de la polygamie, telle qu'elle est comprise dans la Cité du Soleil, à la stricte loi de nature, telle que l'homme peut la connaître par l'usage de la seule raison. C'est le droit légal de l'Eglise qui considère la fornication comme un péché; au v regard du droit naturel, elle n'en est pas un, si les rapports/ sexuels extérieurs au mariage sont entretenus, comme dans la [ Cilé du Soleil, avec des femmes stériles, ou enceintes, et par/ suite ne peuvent nuire ni à la procréation, ni à l'éducation des enfants. La réglementation des mariages et des unions suffit donc, du point de vue de la raison, à innocenter la polygamie, qui n'est une hérésie que selon la loi, et depuis la promulgation des décrets de l'Eglise, au même titre que par exemple l'abstinence de viande les jours maigres. Selon la nature au contraire seul est interdit le commerce charnel des fils avec leurs mères, tandis que les relations amoureuses entre frères et sœurs ou même entre pères et filles ne présentent aucun caractère incestueux 2. — Tel est, prétend Campanella, l'avis des plus éminents théologiens et des philosophes les plus autorisés. On voit que sur cette question les opinions les plus

1. Atheismus triumphatus, éd. de 1636, cap. X, p. 117 ; — Oeconomica (in : Realis Philosophia Epilogistica), cap. III, art. II, p. 483 (éd. de 1623).

2 De Politicis Quaestio IV, p. 109, 110, 111 {Disputationes, Parisiis, 1637). — P. 109 : Communitas mulierum in concubitu non est contra jus naturae, praesertim quomodo a nobis posita est, sed maxime videtur ea congruore propter (piod non est haere.sis doccre illam in puris naturalibus, sed lamen post jus divinum, aut Ecclesiasticum positivum : sicut non est haeresis edere carnes quotidie in jure naturae, et docere hoc esse utile : sed post promulgatam Ecclesiae legem de dierum in cibis delectu propter sobrietatem Christianam, utique haeresis est contra facere, ac docere... Inde Durandus, et alii neque fornicationem esse contra jus naturae, .sed de lege positiva interdici, id multi theologi fatentur, et ratio S. Thomae 5, quoniam generationi obest, aut educationi, est nulla, ubi scitur mulier esse sterilis. — Cf. Oeconomicaloc. cit. —

hardies ne l'effrayent guère. Il s'incline devant le précepte catholique, soit ; mais c'est manifestement à contre-cœur, et si l'on veut savoir ce qu'il en pense vraiment, il suffît de rappeler ici que pour lui une religion ne porte la marque de la vérité que si ses règles et ses dogmes se conforment rigoureusement aux lois de la nature et aux enseignements de la raison ^

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