II. — Les aveux décisifs
Nous avions hâte d'arriver aux aveux décisifs qui établissent, avons-nous dit, et la culpabilité de Campanella vis-à-vis de l'Eglise pendant la révolte de Calabre, et la persistance de ses opinions hérétiques et déistes postérieurement à son incarcération. Ces aveux sont au nombre de deux. Le premier n'a pas, comme le second qui est contenu dans un ouvrage de Campanella lui-même, le privilège d'une authenticité incontestable. Pourtant, nous allons le voir, le document qui le rapporte présente de très sérieuses garanties.
Ce document, découvert par M. Kvaôala à la bibliothèque Vaticane ^ est une sorte de chronique, non signée, mais datée du 8 octobre 1599, et par suite postérieure de très peu de jours à la découverte du complot de Calabre et à l'arrestation des conjurés. Elle a été écrite à Reggio, ville dont plusieurs habitants avaient participé à la préparation du mouvement. Elle ne semble inspirée d'aucun parti pris favorable ou particulièrement hostile aux accusés, et ainsi que l'indique une phrase de la fin : (( Voilà tout ce qu'il y a à dire jusqu'à aujourd'hui », son but est seulement le récit des faits ^. Enfin les événements qu'elle relate concordent pleinement, même dans le détail, avec ceux que Luigi Amabile a établis sur la base des documents officiels, des pièces d'archives, et des interrogatoires d^s témoins. Citons au hasard : la tractation avec les Turcs d'Amurat Rays, la date de la révolte fixée au 10 sep-