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panella écrit ses premières compositions littéraires : discours, vers latins et italiens, odes saphiques. C'est là aussi qu'il commence vraiment, avec une extraordinaire ardeur, ses études philosophiques. Eprouvant le besoin impérieux de faire l'inventaire des connaissances qu'il a déjà acquises, il résume pour lui-même ses cours de philosophie, mais il n'y trouve pas la satisfaction qu'il en attendait et, sans guide, il se lance fiévreusement dans la lecture des penseurs de l'antiquité : les philosophes : Platon, les Stoïciens ; les naturalistes et les médecins : Galien, Pline, elc. ^ Une pensée, qu'il écrivit plus tard, nous donne une idée de ses inquiétudes intellectuelles, de sa soif, toujours inapaisée, de savoir et de certitude :
« Je n'ai en moi qu'un cerveau de la grosseur d'un poing, et je dévore tant de livres que tous ceux que contient le monde ne réussissent pas à assouvir mon violent appétit : combien j'ai mangé ! et pourtant je meurs d'inanition !
Aristarque et Métrodore d'un monde immense, plus je me nourris, et plus je sens s'accroître ma faim. Désirant et sentant, je tourne en rond, et plus je comprends, plus j'ignore ^w.
Dès cette époque sans doute, c'est dans le temple vivant de la nature que le jeune novice aspirait à pénétrer, et déjà il devait comparer les livres à des temples morts où on ne lit que la copie infidèle des pensées divines : « Le monde est le livre où la sagesse éternelle a écrit ses propres pensées ; c'est le temple vivant où elle a peint ses propres gestes et sa propre image, pour le décorer de la base au sommet de ses statues vivantes... Mais nous, âmes enchaînées aux livres et