Anima immortale, n. 5, p. 13 des Poésie, ediz. Gentile
« Di cervel dentro un pugno io sto, e divoro
Tanto, che quanti libri tiene il mondo
Non sazian l'appetito mio profondo.
Quanto ho mangiato ! E del digiun pur luoro !
D'un gran mondo Aristarco e Metrodoro
Di più cibomrai, e più di farae abbondo ;
Disiando e sentendo, giro in tondo ;
E quanto intendo più, tanto più ignoro ». L'abréviation : Poésie, ediz. Gentile, désignera désormais l'excellente édition des poésies de Campanella : Tommaso Campanella, Poésie, A cura di Giovanni Gentile, Bari, Laterza, 191S.
temples morts, copies fautives du vivant, nous les préférons 9 l'enseignement d'un tel maître ! ^ »
Deux voies d'initiation s'ouvrirent à Campanella lorsqu'à la fin de l'année 1585 ou au début de l'année 1586, il se trouva pour compléter ses études au couvent de Nicastro, et surtout lorsqu'en août 1588 il se rendit à Cosenza 2. La première était la voie de la philosophie occulte ; la seconde était celle de la philosophie de l'expérience, telle que l'enseignait Télésio. Nous verrons que pour Campanella la seconde n'était que le chemin le plus direct pour aboutir à la première. C'est peut-être déjà à Nicastro en effet, et certainement à Cosenza que Campanella lie connaissance avec l'astrologue juif Abraham, devin, spirite, et nécromancien, grand ennemi de la scolastique, et dont l'influence sur la pensée et même sur la destinée de notre auteur fut sans doute décisive. C'est à ce moment aussi qu'irrités de ses objections continuelles contre la philosophie officielle, faites du ton sarcastique qui lui était familier, ses maîtres comparent la tournure de son esprit indocile à celle de Bernardino Télésio, de Cosenza ^. Un désir très net de connaître ce philosophe s'éveille alors dans l'esprit de Campanella ; il part pour Cosenza, mais il ne peut ni voir ni entendre vivant le maître, dont la mort était proche ; il assiste à ses funérailles (octobre 1588) et fixe à son cercueil une élégie qu'il a composée en son honneur. Puis il se rend à Altomonte (novembre 1588)*.
Ce séjour à Altomonte marque le commencement de son activité philosophique. C'est là qu'il se livre à une lecture approfondie des ouvrages de Télésio, et qu'il écrit la première de ses œuvres, imprimée plus tard à Naples. Le but