‹ CampanellaChapitre 52 sur 300 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

3. Op. cit. loc. cit., p. 3o : Pono me, domine, in parabolam et exemplum illis, quia misericordiam consequutus snm, cum essera derisor vanitate, et scandale vastans Ecclesiam tuam, ut et alii de misericordia non desperent. — P. 34 : Itaque misisti in mentem meam, ut qui volueram fieri omnium dominus, fierem omnium servus ad salutem.

4. Op. cit., loc. cit., p. 35 : Da mihi sermonem rectum, et linguani • bene sonantem in os meum, ut sicuti plurimos exemple, ac verbo scan-

dalis affeci, et a tua via detorsi, sic longe plurimo? ad te revocem.

■). Op. cit., p. 34 : Bonum cnim, Domine, quod humiliasti me. Ex hoc enim ad scientiam tu.im me reformalum transtuli. Divinissima dogmata de Sanctissima Monotriade jam concipio.

reconnu le corps et ses chaînes, et les ailes par lesquelles on s'envole vers toi » ^

Mais il y a dans la confession de Campanella un aveu plus intéressant encore que les précédents. Il a, dit-il, dès le moment où il a pu concevoir quelque espoir de libération, oublié le pacte conclu avec Dieu dans sa prison, et, peu de temps après être sorti, grâce à la miséricorde divine, de son cachot souterrain et ténébreux, il est revenu à ses anciennes pensées. C'est pourquoi les traits du Seigneur l'ont frappé à nouveau, pour boire non pas comme la première fois son sang, mais son esprit -. L'allusion paraît claire, quand on se rappelle les événements qui ont marqué en 1608 la vie du prisonnier. Il s'agit manifestement de sa sortie de la fosse obscure du château Saint-Elme, et de son transfert au « Castello deirUovo )), obtenu à la suite de l'intervention de Ferdinand de Styrie auprès du vice-roi, et des démarches de Daniele Stefano, hommç de confiance de Georges Fugger ^. Aucune torture physique ne devait plus postérieurement être infligée à Campanella, et les peines dont il parle consistent évidemment en des peines de l'esprit, comme la confiscation de ses manuscrits, l'interdiction de converser avec lui, et surtout dans les ordres qui furent donnés à diverses reprises entre 1608 et 1618 de le priver totalement de livres et de papier ^

Il faut donc abandonner tout à fait l'idée d'un Campanella redevenu bon catholique pendant ses longues années de prison. Bon catholique, on reconnaîtra même qu'il ne l'est pas plus en 1618 qu'en 1608, malgré l'humble langage du Reminisccntur. si on se rappelle que cette nouvelle attitude, qui

1. Ibidem : Agnovit ex hoc anima mea se ipsam, et corpus ejusque vincula. et quibus alis volatur ad te.

2. Op. cit., p. 34 : Sed concretae labes in anima, cuni me extra loca tenebrosa paululum misertus, et acclamatus extulisses, revixerunt in me, et ad priorem consuetudinem iterum traxerunt me. Cumque me eam secura libertate fruiturum putarem, oblitus pacti, quod in fossa pepigeram tecum, levabatur anima mea supra se iterum. En autem iterum demersisti me... et sagittae tuae militant contra me ebibentes spiritum meum. sicuti olim sanguinem, ut discerem castimoniam ; nunc spiritum, ut divinitatem.

3. Amabile, Cast., t. I,p . 83-84, 93, 04 ; — Kvat-ala, Ferd., p. 16-17. — Le transfert du prisonnier a lieu fin mars ou en avril 1608.

Page 1