‹ CampanellaChapitre 56 sur 300 · Amabile, Cast., t. I, p. 53 ; — Cong., t. I, p · texte numérisé non relu

Amabile, Cast., t. I, p. 53 ; — Cong., t. I, p

4. Lettre du 30 août ICOG au cardinal Farnèse, Centofanti, art. cit.. p. 60. —

5. Lettre au cardinal San-Giorgio du 30 août 1G06 : « E Dio mi donù autoritS secondo il decretale come quella di S. Giovan. Battista alli Farisei, e miracoli più slupendi che quclli di Mosè... » (.\mabile, Cong., t. III, doc. 520, p. 001). Trad. : h Et Dieu m'a donné une autorité par décret comme celle de St Jean Baptiste sur les Pharisiens, et le pouvoir de faire des miracles plus étonnants que ceux de Moïse... »

Baptiste, appelé pour le salut des peuples, il languit dans une prison obscure, alors que de toutes parts on tolère les abus révoltants du clergé rouge ou blanc, vert ou noir^ qui s'approprie sans vergogne les biens et les honneurs, pendant que l'hérésie envahissante réduit à deux coins de la terre le territoire laissé au christianisme -.

Tels sont les propos téméraires que Campanella ne craignait pas de tenir avec l'espoir naïf de persuader le Pape et les cardinaux, et de leur faire accepter ses doctrines, en même temps que ses services. S'étonnera-t-on, maintenant qu'il ait considéré la Civitas Solis, au même titre que la Monarchia di Spagna, comme une apologie de ses idées et de ses actions, et que dans des ouvrages tels que VAtheisynus triumphatus, de pensée en apparence orthodoxe, il y renvoie^, en même temps qu'à la Monarchia Messiae ou à la Monarchia Christianorutn , le lecteur désireux de connaître le plan de la future République chrétienne ?

A vrai dire, entre la conception fondamentale de ce livre et celle des traités qu'il adressait à Philippe III, aux princes autrichiens et à Louis XIII, il n'apercevait vraisemblablement aucune opposition essentielle. Le premier précisait le but idéal de la réforme dont il s'était constitué l'apôtre ; les autres enseignaient les moyens politiques d'y parvenir. En imaginant ces moyens, si différents de ceux qu'il avait employés en 1399, Campanella pouvait même soutenir qu'il n'avait pas changé d'opinion, puisque les ouvrages écrits dans sa prison reproduisaient toutes les pensées favorables à la monarchie espagnole, à l'unité religieuse et au gouvernement de l'Eglise, qu'antérieurement à la conjuration il avait déjà exprimées, notamment dans les Discours aux princes d'Italie, le De regimine Ecclesiae, le Dialogue contre les Luthériens, et le traité du Gouvernement ecclésiastique. C'est pourquoi, pour comprendre la signification de sa politique religieuse, il importe peu de savoir en somme s'il a composé la Monarchia di Spagna postérieurement à son incarcération, ou si, comme

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