Dejob, art. cité, p
2. Amabile, Cast., t. II, p. 06 : Facilitas censuit primo iraprobanda.s approbationes quae inscriptae sunt in libris F. Thomae Campanellae Dominicani, etc.
4. Dan.«; l'appendice de son panégyrique de Campanella : Panegyricus dictus Urbario VIII Pont. Max. ob bénéficia ab ipso in M. Thom. Campanellam collata, Auth. Gabr. yaudaeo, Parisino ; Parisiis, Apud Sebastianum Cramoisy, MDCXLIV.
3. L'ouvrage du Père Sirmond est intitulé : De immortalitate animae demonstratio physica et aristotelica adversus Pomponatium et asseclas. Sur les éditions de cet ouvrage, sur son contenu, et sur les doctrines du
cardinal entrait en guerre contre les jansénistes, et dont la doctrine de l'amour de Dieu et de l'attrition allait être si vivement combattue par l'auteur des Provinciales ^ Mais les railleries du Père Sirmond sont moins intéressantes que les attaques d'un prêtre grec nommé Atlianasios Rhétor -, protégé du chancelier Séguier, et qui crut bon, pour réfuter les erreurs de notre philosophe, de rédiger en 1637 ^ un livre entier intitulé Anticampanella.
De ce livre, envoyé à Rome pour être imprimé, et qui ne le fut probablement jamais *, nous ne possédons qu'un résumé, écrit à la même date ^, et approuvé par la Sorbonne le 20 février 1638. Ce résumé lui-même dont le titre est :
Père Sirmond, voir notre article de la Revue de Métaphysique et de Morale, juillet 1919, intitulé : L'attitude religieuse des Jésuites et les sources du pari de Pascal, ainsi que notre thèse : Les Antécédents historiques du « Je pense, donc je suis n, Première Partie, chapitre quatrième, 3 : De Saint-Augustin à Descartes, etc.
1. Dixième Provinciale, t. V de l'édition Félix Gazier — Léon Brunschvicg, p. 226-227, 267-268, 270-271, et les notes p. 221-225. —
8. Voir une courte notice sur Athanasios Rhétor dans notre livre : Les Antécédents historiques du « Je pense, donc je suis » : Première Partie, chapitre IV, 3 : De Saint-Augustin à Descartes, etc.
3. La date de rédaction peut être fixée en 1637. L'abrégé de l'ouvrage, imprimé seulement en 16.jo avec d'autres opuscules, est en effet pourvu d'une approbation de la Faculté de Théologie datée du 20 février 1638. D'autre part il n'y est fait allusion qu'aux ouvrages de Campanella parus avant 1638, mais l'auteur y renvoie à l'édition de 1637 du De sensu rerum et magià dont il cite plusieurs passages, en indiquant exactement la pagination.
■i. Il ne l'était pas en IGo.t, et. c'est pourquoi à cette date l'auteur en publie un abrégé, oîi il se contente de dire au sujet de la première rédaction {Anticantpanella, dédicace de 1654, au chancelier Séguier) : « Hune autem offero tibi una cum epistola missa ad Patriarchas, et abbreviato Anticampanella, {quem quando scripsi, mandare Tgpis non licuit). — Notons ici que l'auteur mourut en 1633, à l'âge de 92 ans {Vita Th. Campanellae, .\ulhore Ern. Sal. Cypriano, Amstelodami, 1722, Appendix III. p. 141 : Vita Campanellae Scriptore Jacobo Echardo). —
5. La phrase suivante le prouve amplement, si on réfléchit à la date de l'approbation de l'abrégé (20 février 1638). Elle fait suite dans r.4nlicampanella à la liste des livres du philosophe censurés par .\thanasios Rhélor : « Ilaec enim sunl quae ad nostras perveniTunt nuinus, in quac divino auxilio scripsimus, et Romae misimus, ut Typis (si non uliquid in via contingit adversi), mandentur ».
Anticampanella in Compendium redactus^, ne paraît qu'en 163b. sans qu'on puisse deviner la raison de ce retard de publication-. Aucun historien de Campanella n'ayant pu le consulter, à cause de sa rareté^, nous en donnerons une analyse. Dans sa dédicace au chancelier Séguier, Athanasios Rhétor déclare que le motif qui l'a poussé à écrire son livre n'est ni l'amour du lucre ni une vanité littéraire quelconque, mais le désir de prendre la défense de la vérité catholique et de prémunir les chrétiens contre une doctrine néfaste*. Son affirmation est-elle sincère.'' Nous connaissons trop peu son caractère et ses actions pour acquérir à ce sujet une certitude complète. D'autre part pourtant, la précision des demandes qu'il adresse à Séguier dans les dernières phrases de l'ouvrage donne à son Anticampanella un caractère de pamphlet qui indique des sentiments assez hostiles contre notre philosophe : il réclame pour lui un juste châtiment ; il invite le chancelier à sévir contre une doctrine pestilentielle capable d'entraîner beaucoup d'âmes dans la voie de la perdition ; il demande
1. Le titre et le texte de l'ouvrage sont imprimés en grec, avec la traduction latine en regard. Voici le titre latin général : D. Athanasii
I Rhetoris Presbyteri | Bu^antmi | Antipatellarus | Epistola de unione Ecclesiarum ad Alexandrinum \ et Hierosolymorum Patriarchas \ Anticampanella in compendium redactus | Parisiis \ Ex typis Juliani Jacquin, via Latomorum \ propè Sorbonam | MDCLV \ Citm approbatione. — Et voici le titre latin particulier de V Anticampanella : D. Athanasii | Rhetoris Presbyteri ( Byzantini | Anticampanella in Compendium | redactus adversus librum de sensu | rerum et Magia \ Parisiis \ Ex typis Juliani Jacquin, via Latomorum \ propè Sorbonam \ MDCLV | Cum approbatione.
2. La mort de Campanella (mai 1630) enlevait à l'ouvrage tout intérêt d'actualité. Si l'auteur le publie en 16oo, c'est dans le même volume que Si correspondance avec les patriarches de la religion grecque, qui contient le récit des démarches par lui entreprises, d "accord avec le Pape. Anne d'Autriche et Louis XIY, en vue de l'union des Eglises grecque et latine. Il veut ainsi vraisemblablement réunir en un seul livre toutes les preuves de son dévouement au catholicisme.
3. Kvacala, Gen., ^'eue .\'achtràge, s. XIV : a Bisher habe ich den Druck selbst nicht eingesehen und auch bel einem neueren Autor daruber nichts gelesen ». M. Kvacala n'a eu entre les mains qu'un extrait manuscrit de V Anticampanella in Compendium redactus : Ms. Harleian 4466, f. 497.
que la lecture, l'édition et la vente des livres de Campanella soient rigoureusement interdites ^ Cette animosité s'expliquerait-elle par le désir qu'il éprouverait de faire sa cour au Père Mostro, alors maître du Sacré-Palais, dont il prend la défense dans le cours de son traité 2, et des bons offices duquel il a besoin sans doute pour gagner, en vue de sa mission auprès des églises grecques, les faveurs du pape Urbain YIII ? La conjecture n'a rien que de très vraisemblable. Examinons maintenant le contenu du pamphlet. Si on laisse de côté quelques chicanes de théologie et les nombreuses citalions invoquées par l'auteur pour démontrer que la doctrine du « sens des choses » est une hérésie, on doit reconnaître que les critiques d'Athanasios Rhétor ont, du point de vue chrétien, frappé au point sensible et vulnérable de la philosophie de Campanella. Les plus développées en effet sont dirigées contre la théorie de l'âme du monde, par laquelle cette philosophie se rapproche le plus du panthéisme de Giordano Bruno. L'auteur du De sensu rerum soutenait que le monde étant (( le plus noble, le meilleur et le plus beau des êtres » et « le fils du souverain bien », non seulement est formé de parties qui sont des êtres doués de conscience, mais possède lui-même une âme très parfaite, supérieure à n'importe quel ange, et qui préside à la vie du grand Tout. Cette âme, selon lui, jouissait de la béatitude, et il lui attribuait pour fonction de contempler dans l'âme de l'Etre premier les idées des actions à accomplir, pour opérer ensuite conformément à ces idées dans les réalités matérielles et formelles. C'est pourquoi il l'appelait l'instrument premier de la sagesse de Dieu ^.