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CHAPITRE VI

Le caractère de Campane/Ia. Ses poésies

Les derniers jours de Campanella, pendant lesquels il appliquait à son cas personnel la doctrine des Astrologiques, nous enseignent combien courte fut toujours pour lui la distance entre l'idée et l'acte. Si nous nous sommes appesanti si longtemps sur le récit et l'interprétation des événements de sa vie, c'est que sa philosophie en est inséparable : elle exprime les variations de sa destinée tourmentée, et les efforts qu'il tente vainement, en présence des dangers qui le menacent, pour établir une harmonie, non pas seulement à l'intérieur de son système, entre des tendances spéculatives opposées, mais dans sa conduite, entre sa pensée et sa parole, entre ses sentiments et ses actions.

Il faut bien l'avouer, Campanella a dij mentir. Mais la maladresse avec laquelle il ment indique assez combien il lui en a coûté d'avoir à dissimuler. Aux moments les plus critiques de son existence, alors que la persistance dans son système de feinte est pour lui une question de vie ou de mort, de captivité ou de liberté, l'expression de sa vraie pensée éclate brusquement, et brise le masque dont il a tenté gauchement de la couvrir. Et sans doute les mœurs du temps et la misère de sa condition lui imposent parfois des louanges hyperboliques à l'adresse des grands, mais le fait est plutôt rare, même quand un peu de flagornerie seconderait les efforts accomplis en vue de sa libération ou de l'approbation de ses œuvres. « Je parle, dit-il fièrement, le langage de la vérité philosophique, et non celui des courtisans » ^ A Rome,

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