‹ CampanellaChapitre 65 sur 300 · Amabile, Cast., t. Il, p · texte numérisé non relu

Amabile, Cast., t. Il, p

en butte à la suspicion et aux attaques des théologiens ses ennemis, obligé de cacher son admiration pour l'astronomie de Copernic, il abandonne toute prudence dès qu'il s'agit de défendre, en même temps qu'un ami, l'idée exposée dans son Apologia sur les limites respectives de la science et de la foi, et, sans songer à mesurer ce qu'il perdra de son crédit auprès d'Urbain YIII, il s'offre à être l'avocat de Galilée auprès du tribunal du Saint-Office ^

Les concessions qu'il refuse à son désir légitime de liberté et de sécurité, Campanella ne les fait pas non plus à l'amitié. Il rudoie quelque peu Galilée d'avoir, par flatterie et par jeu, et sans croire à l'astrologie, tiré l'horoscope du grand duc de Toscane Cosimo II dans sa dédicace du Sidereus Nuncius ^, et il encourt les reproches de Peiresc pour la libre franchise avec laquelle il apprécie les œuvres des lettrés de France, habitués aux mutuelles et conventionnelles adulations '. L'art du clair-obscur, des nuances, la souplesse des transitions et des atténuations sont qualités étrangères à son style comme à sa pensée. S'il se contredit, c'est gauchement, et quand il est obscur, c'est qu'il se contredit. Bien qu'il y ait une liaison assez étroite et une certaine continuité entre sa théorie empiriste de la connaissance et sa seconde doctrine, intuitionniste et intellectualiste, il semble, lorsqu'il passe de l'une à l'autre, superposer brutalement la seconde à la première. Il manque à sa logique des contraires un moment essentiel : la synthèse. L'union de l'être et du non-être est pour lui un insondable mystère.

Le trait le plus frappant de la physionomie de Campanella, celui auquel tous les autres se subordonnent, c'est la conviction, enracinée en lui, de la mission que Dieu lui a confiée. Par là s'expliquent sa franchise brutale, sa rudesse et son orgueil. Il porte en lui la vérité religieuse, l'Esprit-Saint dont

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