Voir ri-après : Cinquième Partie, Chapitre premier
2. Lettre à Galilée du 8 mars 1614 (Amabile, Cast., t. II, doc. 185, p. (il) et 6f) ; — Le Opère di Galileo Galilei, edizione naziouale, t. XII, p. 31-33).
3. Voir la lettre de Peiresc h Cajiipanella du 3 juillet 1635, et la réponse du philosophe datée du 17 juillet, dans .Amabile, Cast., t. Il, Doc. 321, p. 255, et Doc. 311, p. 244.
les chrétiens de son temps ont laissé s'engourdir en eux les dons, et l'instinct prophétique qui l'anime confirme son caractère divin par des signes et des prodiges. Tourné en dérision, maintenu au cachot, et empêché d'accomplir son œuvre sacrée par l'ignorance de la foule indifférente et la perfidie des tyrans troublés dans leur honteuse jouissance, il pense que son devoir n'est pas d'être modeste, mais de crier bien haut sa vocation pour réveiller les consciences assoupies. Aussi n'est-ce pas seulement en présence de ses bourreaux, princes de l'Eglise ou du siècle, mais à la face du Seigneur lui-même, pris à témoin de son élection, qu'il affirme son inébranlabk' volonté de ressaisir, une fois libéré, l'étendard de la raison, pour déclarer à nouveau la guerre au fanatisme des sectes, briser les chaînes de l'âme humaine, combattre les dogmes mensongers et la superstition avilissante, et restaurer enfin sur leurs ruines le culte pur et naturel du Dieu véridique, adoré en esprit et en vérité ^ :
« Si tu m'exauces, Seigneur, je te promets d'amener toutes les nations à l'école du Dieu libérateur, véridique et vivant, à moins qu'à une si grande pensée tu n'interdises d'atteindre la fin vers laquelle tu me pousses de ton aiguillon ; d'abattie les idoles, de supprimer tout culte rendu à un Dieu d'opinion, et qui se sert de Dieu au lieu de le servir ; de porter l'étendard et le siège de la raison contre le vice couard ; d'appeler à la liberté les âmes serves et d'humilier les arrogantes ; enfin de ne jamais chanter des hymnes nouvelles, par lesquelles Sion dépérirait, sous des toits avilis par les atteintes de la foudre ou des animaux, mais de te faire un temple du ciel et un autel des étoiles ! » ^.
1. Poésie, ediz. Gentile, p. 135 : Nota che Dio si deve adorar in spirilu et veritate...