‹ CampanellaChapitre 67 sur 300 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

Se mi sciogli, io far scuola ti promette

Di tutte nazioni

A Dio liberator, verace e vivo,

S'a cotanto pensier non è disdetto

II fine a cui me sproni ;

Gl'idoli abbatter, far di culto privo

Ogni dio putative

E chi di Dio si serve, e a Dio non serve ;

Et quand il s'agira d'édifier la cité de Dieu, pourquoi ménagerait-on les hommes ? « Avant de planter et de construire, il faut détruire et arracher » K La haine de Campanella contre ses adversaires et ses persécuteurs se confond ainsi avec un sentiment d'ordre plus élevé : la colère du prophète contre les ennemis du royaume de Dieu. C'est ainsi qu'elle peut s'exprimer en des vers brûlants d'indignation vengeresse, cinglants comme les fouets de la torture -, ou imprégnés de toute l'amertume d'une pitié hautaine :

« Le peuple est une bête changeante et balourde qui ignore sa force ; aussi se résigne-t-il aux fardeaux, aux coups de bâton, aux coups de pierre, se laissant guider par un faible enfant, dont il pourrait se débarrasser d'une secousse.

Mais il le craint et il le sert dans tous ses caprices. Il ne sait pas combien lui-même il est redoutable, car le charivari des charlatans de foire l'ensorcelle et lui alourdit l'esprit.

Chose inouïe ! Il se pend et il s'emprisonne de ses propres mains, se donne la mort et se fait la guerre pour un seul de ces carlins dont il donne tant lui-même au roi.

Tout ce qin existe entre ciel et terre lui appartient ; mais il l'ignore, et si quelqu'un le lui fait connaître, il le terrasse et il le tue » ^.

Por di ragioue il seggio e lo stendanlo

Contra il vizio codardo ;

A libertà chiamar l'anime serve,

Umiliar le proterve.

Ne a'telti, ch'avvilisce

Fulmine o belva, dir canzon novelle,

Per cui Siôn languisce.

Ma lempio farô il cielo, altar le stellc.

1. La Cittù del Sole, cod. Vat., Kvaèala, Gcn., p. 66, ligne 11 : Ma prima si svelle, e monda, poi si edifica, e planta. — Civitas Solis, p. 167, éd. de 1637 : At prius quidem evelli et extirpari, deinde aedificari et plantari.

2. Voir les « Orazioni tre in Salmodia ntetafisicah », Cauzone I. Madiigale 4 : « Stavamo tutti al buio... », vers cités et traduits plus haut {Poésie, ediz. Gentile, p. 119).

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