‹ CampanellaChapitre 71 sur 300 · Gentile, Telesio, p. 21 à · texte numérisé non relu

Gentile, Telesio, p. 21 à

mules trop absolues l'opposition de la pensée de la Renaissance à celle du moyen-âge, Fiorentino, lorsqu'il passe à l'analyse détaillée des doctrines qu'il étudie, a soin de corriger d'une manière heureuse ses propres exagérations ^ Exposant par exemple les idées de Cardan, et présentant au lecteur cette sorte d'encyclopédie du XVP siècle constituée par le De rerum varietate et le De subtilitate, il nous montre l'auteur tiraillé entre des tendances diverses, comme si plusieurs directions contraires, cependant toutes propres à son époque, venaient se croiser en lui. Tantôt Cardan critique vivement les péripatéticiens, et tantôt, à leur exemple, et contrairement à la doctrine de l'unité naturaliste de l'univers, il distingue par des caractères absolument opposés le feu céleste et le feu terrestre. Tantôt il fait preuve d'un sentiment profond de l'autonomie de la nature qui porte en elle-même ses fins et sa raison d'être, et tantôt il semble rester attaché à l'idée anthropomorphique ou anthropocentrique d'une finalité externe. Tantôt la science du monde matériel est pour lui le véritable savoir, qui se développe d'après ses principes propres, et tantôt elle se suspend à une science plus haute de la substance, qui est le privilège de l'âme organisatrice et créatrice des êtres, avec l'essence de laquelle elle se confond 2. De même, si au moyen-âge la théorie de Duns Scot sur la liberté divine place à l'origine de la nature une action contingente et irrationnelle, en revanche Fiorentino reconnaît que sous l'inspiration d'idées helléniques, St-Thomas d'Aquin rétablit dans le monde une finalité rationnelle et immanente 3. En fin de compte, il avoue que la philosophie de la Renaissance a accompli un effort méritoire pour s'affranchir de la transcendance, mais qu'elle a réussi moins à la chasser des divers domaines de la spéculation qu'à l'atténuer considérablement*.

1. Ces exagérations sont tout à fait étrangères à la pensée de M. Giovanni Gentile.

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