‹ CampanellaChapitre 72 sur 300 · Fiorentino, Telesio, t. 1, p. 203 sq., p · texte numérisé non relu

Fiorentino, Telesio, t. 1, p. 203 sq., p

4. Fiorentino, Pomponazzi, cap. XVI, p. 474 : Il Risorgimento non giunse dunque a negare ogni trascendenza, ma ad assotigliarla. — Trad. : La Renaissance ne réussit donc pas à nier toute transcendance, mais seulement à l'atténuer. — Cf. Fiorentino, Studi e Ritratti délia

Cette réserve faite, devons-nous, contre la conception de Francesco Fiorentino, nous montrer aussi sévère que l'a ét^ M. Mabilleau par exemple, dans sa savante étude sur Cremonini ^ ? Tout d'abord, — et M. Mabilleau ne nous contredirait pas sur ce point, — les vues de Fiorentino paraissent entièrement confirmées quand on se contente d'étudier la philosophie naturaliste qui, à partir de 1565, se développe en Italie sous l'impulsion vigoureuse de Télésio, et s'affirme d'une manière brillante dans les écrits des deux penseurs les plus intéressants du X\T siècle : Bruno et Campanella. Qu'il s'agisse de physique, de psychologie, de morale ou de religion, ces trois philosophes sont manifestement favorables à l'hypothèse de l'immanence, et hostiles, parfois violemment, à l'hypothèse contraire. Ensuite, et cette idée exigerait une plus ample justification, nous croyons avec Fiorentino et avec M. Giovanni Gentile qu'il est aisé de découvrir dans les systèmes de la période antérieure une préparation, et comme une première élaboration des théories naturalistes de la seconde moitié du siècle. A cet égard, il importe de ne pas se laisser induire en erreur par la considération trop exclusive de la physique et en général des conceptions scientifiques défendues par des philosophes tels que Nicolas de Cusa, Marsile Ficin, Pic de la Mirandole, Pomponace et les maîtres de Padoue, et d'examiner de près, d'une part quelle est leur idée de la morale, de la religion et de son rôle social, d'autre part quelle est la tendance révélée par leur doctrine de la connaissance qui maintes fois constitue un des objets principaux de leurs préoccupations spéculatives.

Si l'on tient compte de ces deux observations, et, si l'on

Rinascenza, Bari, Laterza, 1911, p. 57 ; — et : Giovanni Gentile, Telesio, p. 91 : Onde tutta l'immanenza, che è il pensiero nuovo del Telesio, resta, corne doveva restare, quasi avvolta e chiusa nel bozzolo délia vecchia trascendenza. — Trad. : Il s'ensuit que toute l'immanence qui représente la pensée nouvelle de Télésio, demeure encore, comme elle devait demeurer, enveloppée et comme enfermée dans le cocon de la vieille transcendance.

l.Léopold Mabilleau, Etude historique sur la philosophie de la Renaissance en Italie (Cesare Cremonini), Paris, Hachette, 1881 ; — voir lo livre II, ch. III, p. 110 à 114. — Abréviation usitée désormais : Mabilleau, Cremonini.

remarque avec M. Cassirer que la caractéristique philosophique d'une époque se révèle non seulement dans les résultats doctrinaux qu'elle réussit à atteindre, mais aussi dans l'énergie avec laquelle elle conçoit et maintient devant sa pensée un nouveau but de recherche \ on sera conduit, croyons-nous, à contester le jugement de Renan, écrivant dans son ouvrage sur Averroës que « le mouvement de la Renaissance fut un mouvement littéraire et non un mouvement philosophique^ ». Nous nous proposons en effet d'établir dans la cinquième partie de cet ouvrage qu'à l'affirmation de la valeur de l'individu et à la découverte psychologique de l'homme, qui communiquent un attrait si puissant à la culture du temps, correspond, dans le domaine de la spéculation, pure, non seulement l'idée d'une morale autonome, mais celle d'une religion naturelle en harmonie avec les nouvelles tendances éthiques, et fondée sur la notion de l'immanence du divin dans le monde et dans l'humanité. Or, ces deux idées, nous le verrons, apparaissent dans les écrits des philosophes presque un siècle avant le plein épanouissement du naturalisme de Télésio, et, pour prendre l'exemple qui nous est le plus défavorable, ce serait se montrer injuste à l'égard de Marsile Ficin et de Pic de la Mirandole que de ne relever dans leurs systèmes que leurs conceptions de la nature physique : au moment même où ils se jettent à corps perdu dans les chimères de la théosophie, de la Kabbale, et des correspondances symboli ques entre les réalités célestes ^t les phénomènes sublunaires, ils annoncent déjà en effet par leurs conceptions religieuses les vues de Bruno et de Campanella^. Il en est de même de Nicolas de Cusa et de Pomponace, et il faut ajouter,

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