Mabilleau, Cremonini, p
panella, en passant par les ouvrages d'Agrippa, de Cardan, de Fracastoro, de Giordano Bruno et de Télésio.
Concluons donc que dans les dernières années du X\T siècle, lorsque Campanella écrit ses premiers ouvrages, il existe déjà non pas peut-être une philosophie, mais une tendance philosophique qui depuis plus de cent ans porte les esprits de l'époque à placer dans l'àme humaine et dans le monde les valeurs suprêmes de l'existence : vérité, beauté, bien moral, vie religieuse, science, et à reconnaître la valeur absolue, et pour ainsi dire la « suffisance » de la nature, et de l'esprit dans la nature ; et proposons-nous d'examiner, à la lumière de cette idée, la synthèse personnelle que notre philosophe a tentée de toutes les notions acquises par ses prédécesseurs, et plus particulièrement par Télésio. De ce dernier en effet l'influence sur la pensée de Campanella a été directe, immédiate, et profonde, et mérite par suite une étude spéciale. Quant aux emprunts de notre auteur aux autres penseurs de l'époque, nous nous contenterons de les noter au fur et à mesure que nous les rencontrerons au cours de nos recherches.