Fiorentino, Telesio, t. I, p. 356 sq
l'influence de télésio 143
finie par la pureté de l'esprit vital {puritas spiritus). L'auteur de la Realis Philosophia epilogistica, qui dans le Compendium n'avait rien trouvé à redire à celte définition ^ s'efforce maintenant de la corriger, de distinguer le moral du naturel, et d'établir que la vertu ne peut exister sans un choix raisonné ei volontaire des actions ^.
La différence est plus grande encore entre la théorie de la connaissance du Compendium et celle du De Sensu rerum et de la Métaphysique. La notion du « sensiis ahdiius », c'est-à-dire de la connaissance de l'âme par elle-même, est absente du premier de ces trois ouvrages. Bien plus l'auteur y définit la sensation de manière à exclure nettement la possibilité de ce savoir primitif, que dans ses écrits ultérieurs il allait considérer comme la source même de toute science et comme l'absolue adéquation du connaître à l'être'. « La sensation, ditil, est une modification de l'esprit vital par l'objet qui répand ses forces sur lui. C'est pourquoi toutes les choses qui sont semblables à nous, et desquelles nous ne recevons aucune passion, ne sont nullement senties^ ». C'est évidemment le cas pour l'esprit, qui ne peut se connaître lui-même^. Cam- .panella accepte ainsi dans le Compendium une théorie de Télésio que dans tous ses ouvrages postérieurs il devait s'efforcer de réfuter, pour démontrer le caractère essentiel et ori-
1. Prodromus philosophiae instaurandae, id est Dissertationis de Naturâ rerum Compendium, Francofurti, Excudebat Joannes Bringerus, 1617 ; Compendium, p. 86. — Cf. De rerum natura, lib. IX, cap. XXVIIII, p. 391. — Campanella écrit ; « Est enim virtus puritas animae ad quam facultas sese servandi sequitur ». Abréviation désormais usitée : Prodr. Comp.
2. Realis Philosophia epilogistica, Francofurti, 1693, Moralia, cap. I, art. I, p. 224-225 ; — et surtout Moralia, cap. I, art. I et art. II, p. 4 et 5, et Quaestio tertia, p. 38 à 44, p. 49, in « Disputationes », Parisiis, Dionys. Houssaye, 1637.