‹ CampanellaChapitre 79 sur 300 · Voir ci-après : Quatrième Partie, Chapitre premier · texte numérisé non relu

Voir ci-après : Quatrième Partie, Chapitre premier

4. Prodr. Comp., \). 11 Sensatio onim passio est... Quapropter sensus quilibet immutatio est spiritus ab objecto suas vires effundente. Itaque quaccunque nobis similia sunt, a quibus nihil patimur, non sentiuntur. Calor enini similis nostro non sentitur, nisi excédât.

5. 0. c, p. 82 : Non enim a se patitur [spiritus] ; sibi enim est simillimus. Itaque se noscere difficillinium est. At per aliorum spirituum mutationes et actus, quasi per proprios se metitur, ut spéculum seipsum ab alio speculo relatnm refert. — Voir Fiorentino, Telesio, t. I, p. 307-308.

144 l'influence de télésio

ginel de l'intuition de soi, fondement de sa doctrine métaphysique des « Primautés ». Preuve indéniable de l'influence qu'exerce encore sur sa pensée en 1595 un naturalisme qui, au risque de rendre inintelligible, avec l'existence de l'âme pensante, le processus même de la connaissance, et la distinction du sujet et de l'objet dans l'acte du savoir, absorbe complètement la réalité de l'esprit dans celle du devenir sensible !

Pouvons-nous maintenant fixer la date précise à laquelle Campanella substitue ou plutôt superpose au strict naturalisme de Télésio une philosophie favorable à la thèse de la primauté de la conscience ? — Nous savons d'abord que cette date est postérieure à 1595. Or la recomposition du De seyisu rerum et magiâ, en langue italienne, se place en 1604, et la première rédaction de la Metafisica remonte même à l'année 1602. Nous pouvons donc conjecturer avec quelque vraisemblance que cette dernière date, à laquelle Campanella écrit aussi La Cité du Soleil, marque à peu de chose près le moment où sa doctrine personnelle s'affirme nettement, en s'affranchissant du naturalisme sur tous les points où il constate la difficulté de le mettre d'accord avec les dogmes fondamentaux de la religion naturelle. C'est alors, dit-il, non sans quelque arrière-pensée railleuse, que par les fouets de la torture il est ramené à la voie du salut et à la connaissance des choses divines ^

Une fois cette hypothèse admise, il sera facile de fixer l'ordre dans lequel il faut étudier les pensées de Campanella. A Télésio, il a d'abord emprunté sa conception de la nature et de la physique, que dès 1590^ il complète immédiatement par une affirmation plus décidée du panpsychisme, fondement nécessaire de la magie et de toute science, la politique comprise. Puis, par une réflexion plus approfondie sur le principe pensant de l'activité naturelle, il découvre sa thèse de la primauté de la conscience de soi qui, en le conduisant à la métaphysique des « Primautés », relie ses spéculations proprement

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