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CHAPITRE IV

Le panpsychisme de Campanella

La physique de Campanella repose sur les mêmes hypothèses que celle de Télésio. Les trois principes constitutifs de la réalité des êtres naturels sont toujours la matière, la chaleur et le froid. La matière est le sujet passif, informe, apte à recevoir des corps de toutes formes et de toutes qualités. La chaleur et le froid restent les deux seules natures actives. La terre est le centre du froid, et la chaleur a son siège dans le soleil. Tous les autres éléments : air, eau, vapeurs, pierres, etc., sont engendrés par l'action du soleil sur la terre ; il liquéfie, vaporise, durcit, et les produits de ses opérations deviennent les éléments des aijtres êtres. La terre, qui est dense et froide, résiste à cette action, et ainsi l'influence du soleil détermine la formation de réalités sensibles douées de tous les degrés intermédiaires entre sa propre ténuité et l'épaisseur terrestre, de toutes les températures qui tiennent le milieu entre celle de sa propre lumière et le froid terrestre, de toutes les vitesses qui s'échelonnent entre la sienne et l'immobilité du globe ^

Le ressort de cette action, c'est la contrariété, cause de toute génération et de toute corruption. Tout être tend à détruire son contraire, pour se l'assimiler. Or, une telle action serait inintelligible si chaque être ne connaissait pas l'être contraire, et ne se préparait pas à le détruire pour conserver sa propre existence. Toute substance particulière, quelle qu'elle soit, est donc douée de la faculté de sentir, et la démonstration peut se formuler comme il suit : « Il n'y aurait pas dans le monde de génération ni de corruption, de l'avis de tous les physi-

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